Après plusieurs séances de hausse, l’euro marque une pause sur le marché noir des devises en Algérie ce jeudi 9 avril 2026. Les cambistes maintiennent les cotations de la veille, signalant un équilibre temporaire entre l’offre et la demande.
Dans le détail, le billet de 100 euros s’échange à la vente contre 28 050 dinars. Du côté de l’achat, il s’établit à 27 800 dinars pour 100 euros. Ce statu quo intervient après une progression notable de la monnaie européenne ces derniers jours.
En effet, sur une semaine, le billet de référence de 100 euros a enregistré une hausse de 250 dinars. Cette évolution traduit une pression persistante sur le marché noir, alimentée par plusieurs facteurs structurels et conjoncturels.
Le commerce du cabas relance la demande
D’abord, les analystes observent une reprise soutenue du “commerce du cabas”. Après un ralentissement durant le mois de Ramadhan, les importateurs informels relancent leurs activités. Ils multiplient les déplacements vers l’Europe et la Turquie.
Par conséquent, la demande de devises en cash augmente fortement. Les opérateurs cherchent à financer rapidement leurs achats de marchandises. Cette dynamique exerce une pression directe sur le marché noir.
En parallèle, la fin de la période de piété religieuse entraîne un besoin urgent de reconstitution des stocks. Les commerçants doivent renouveler leurs produits de consommation courante et leurs pièces détachées. Ainsi, ils se tournent massivement vers l’euro.
De ce fait, les cambistes ajustent leurs tarifs à la hausse pour capter des liquidités devenues rares. Toutefois, la stabilité observée ce jeudi suggère une phase d’attentisme après cette séquence haussière.
Un contexte international sous tension
Ensuite, le facteur géopolitique continue d’influencer les tendances du marché noir. La persistance des tensions au Proche-Orient perturbe les circuits logistiques traditionnels. Cette instabilité incite les opérateurs à sécuriser leurs transactions en devises fortes.
D’un côté, les importateurs de véhicules neufs et d’occasion de moins de trois ans accélèrent leurs achats. Ils se ruent sur l’euro pour conclure leurs opérations avant d’éventuelles restrictions. Cette stratégie renforce la pression sur la devise européenne.
Une accalmie relative mais fragile
Ainsi, la stabilisation observée ce 9 avril 2026 ne signifie pas un retournement de tendance. Elle reflète plutôt une accalmie temporaire après une hausse soutenue. Les fondamentaux du marché restent orientés à la tension.
À court terme, l’évolution du marché noir dépendra de plusieurs paramètres. Parmi eux, la disponibilité des devises, l’intensité du commerce informel et l’évolution du contexte international. En attendant, les cambistes privilégient la prudence, dans un marché toujours marqué par une forte volatilité.


