Aquaculture en Algérie : la production va doubler en 2026 pour atteindre 20 000 tonnes

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L’aquaculture algérienne franchit un cap historique. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche maritime, Yacine Walid, l’a annoncé ce jeudi à Alger lors d’une rencontre nationale réunissant professionnels et cadres du secteur : la production aquacole va doubler cette année pour atteindre 20 000 tonnes d’ici fin 2026, contre environ 10 000 tonnes la saison dernière.

Des chiffres qui confirment la dynamique

Ce bond spectaculaire repose sur des bases concrètes. Le ministre cite l’empoissonnement de 80 millions d’alevins de deux espèces à forte valeur commerciale : le pagre (dorade) et le loup de mer. Ces deux espèces constituent aujourd’hui le socle de l’élevage aquacole national. Par ailleurs, l’Algérie a récupéré son quota de pêche au thon rouge, fixé à 2 467 tonnes en 2026. Mieux encore, cette année verra le lancement de l’engraissement du thon rouge, une activité à haute valeur ajoutée jusqu’ici inexploitée. Enfin, un accord de pêche historique signé avec la Mauritanie ouvre aux professionnels algériens un quota de 30 000 tonnes dans les eaux mauritaniennes.

Sur le terrain, des wilayas côtières comme Béjaïa s’imposent comme de véritables hubs de l’aquaculture nationale. Leur position géographique, leurs infrastructures portuaires et la dynamique de leurs opérateurs privés en font des territoires pionniers. Ce n’est pas un hasard : l’aquaculture exige proximité avec la mer, maîtrise logistique et réseaux de distribution efficaces. Autant d’atouts que concentrent naturellement ces wilayas littorales.

Un choix dicté par les mutations mondiales

Le développement de l’aquaculture n’est pas un simple choix conjoncturel. Il répond à une réalité mondiale incontournable : aujourd’hui, les poissons issus de l’élevage sont plus nombreux dans nos assiettes que les poissons pêchés en mer. En effet, cette tendance de fond s’accélère chaque année à l’échelle planétaire. En Algérie, la consommation de poisson progresse régulièrement. Dans le même temps, la ressource halieutique naturelle s’amenuise sous l’effet de la surpêche et du changement climatique. Dès lors, aller vers l’aquaculture n’est plus une option : c’est un impératif économique et alimentaire.

Pour soutenir cette ambition, le gouvernement agit sur plusieurs fronts. Un cadre réglementaire dédié aux crédits d’investissement dans la pêche et l’aquaculture est en cours de mise en place. Un programme de réhabilitation des récifs artificiels est lancé en coopération avec le Japon, afin de reconstituer la biomasse dans les eaux côtières. Enfin, 1 700 navires de pêche seront équipés d’un système de surveillance par satellite d’ici fin 2026, pour mieux encadrer l’activité et lutter contre la pêche illicite.

Au total, l’Algérie pose les jalons d’une filière aquacole structurée, compétitive et durable. Le cap des 20 000 tonnes en 2026 n’est qu’une première étape.

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