Le Salon international de l’agriculture, de l’élevage et de l’agro-industrie (Sipsa) a ouvert ses portes ce lundi à Alger dans une ambiance marquée par les enjeux de souveraineté alimentaire et de coopération africaine. Plus de 800 exposants participent à cette édition, organisée en présence du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid.
L’Égypte est l’invitée d’honneur de cette édition qui se poursuivra durant quatre jours avec un programme dense consacré à l’élevage, l’aquaculture, l’innovation agricole et les exportations agroalimentaires vers l’Afrique.
Un Sipsa 2026 placé sous le signe de l’autosuffisance alimentaire
Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’Agriculture a insisté sur la nécessité pour l’Algérie de construire une stratégie agricole pensée sur le long terme. Dans son allocution, il a rappelé que l’autosuffisance alimentaire reste un objectif central pour le pays.
Le responsable gouvernemental a souligné que cet objectif nécessite des stratégies adaptées aux défis démographiques et climatiques. Il a également affirmé que « les ambitions de l’Algérie ne se limitent pas aux prochaines années, mais s’inscrivent dans une vision à horizon 2050 et 2060 ». L’accent a été mis sur la disponibilité future des équipements agricoles, des ressources hydriques et des moyens de production nécessaires pour répondre aux besoins alimentaires du pays dans les décennies à venir.
800 exposants et plusieurs pays africains présents à Alger
Outre l’Égypte, invitée d’honneur, le Niger et la Mauritanie figurent parmi les délégations mises en avant durant cette édition. Les organisateurs voient dans cette présence africaine une opportunité pour renforcer les échanges commerciaux et technologiques entre opérateurs du continent. Le président du Sipsa Filaha et Afrika Food Export, le Dr Amine Bensemmane, a rappelé l’ambition du salon : « Inscrire l’agriculture algérienne dans une dynamique continentale durable ».
Le Sipsa Afrika Food Export occupe d’ailleurs une place importante dans cette édition. Cette plateforme vise à favoriser les partenariats entre entreprises africaines dans les domaines des équipements agricoles, des intrants et de la transformation agroalimentaire.
Élevage, aquaculture et innovation au cœur des conférences
Une large partie des débats sera consacrée à l’élevage et à ses défis en Algérie. Plusieurs experts interviendront autour des nouvelles pratiques d’élevage et des modèles de production adaptés aux contraintes climatiques du pays. Parmi les intervenants attendus figure Mohamed Khelif, spécialiste de l’élevage des moutons sous pivot. Le chef d’entreprise Malik Boussouf participera également aux discussions sur les expériences de terrain et les solutions techniques développées dans le secteur.
Un autre panel programmé mercredi sera consacré à la pêche et à l’aquaculture Djazaqua. Des responsables institutionnels, des enseignants-chercheurs et des membres de comités spécialisés doivent intervenir autour des perspectives de développement de cette filière.
Une agriculture plus compétitive et tournée vers l’Afrique
Au-delà des expositions et des conférences, le Sipsa cherche aussi à promouvoir une agriculture plus compétitive et davantage connectée aux marchés régionaux. Le Dr Brahim Zitouni estime que les enjeux agricoles actuels dépassent désormais la simple question de la production. « Aujourd’hui, les enjeux ne se limitent plus à produire, mais à produire mieux, avec plus de valeur, plus de résilience et davantage de compétitivité », explique-t-il.
Selon lui, cette évolution passe par une approche globale intégrant l’innovation, la mécanisation agricole, la structuration des filières et l’ouverture vers les marchés africains. Cette stratégie reflète les nouvelles orientations économiques de l’Algérie, qui cherche à développer des filières agricoles capables de générer davantage de valeur ajoutée et d’exportations hors hydrocarbures.
Des conférences sur l’agriculture intelligente et les exportations
Le dernier jour du salon sera marqué par plusieurs conférences autour de la valorisation des produits agricoles et des assurances à l’exportation. Des experts du secteur doivent intervenir pour évoquer les difficultés rencontrées par les producteurs et les exportateurs algériens, notamment en matière de financement, de logistique et d’accès aux marchés extérieurs.
Une conférence très attendue sera animée par le Dr Rachid Benaissia autour de la question : « Pourquoi l’agriculture intelligente doit partir des réalités algériennes ». Les débats porteront également sur les liens entre savoir-faire traditionnel, productivité et exigences modernes de performance.


