Cette mesure est une mauvaise nouvelles pour les banques commerciales (Vidéo)

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La Banque d'Algérie continue de serrer l'étau sur les réserves de change du pays.

La récente directive de la Banque d’Algérie obligeant les banques commerciales à réduire leur ratio d’exposition au commerce international de 100 % à 50 % de leurs fonds propres suscite de vives interrogations sur la place financière.

Si l’objectif affiché par l’État de préserver ses réserves de change est compris, les conséquences directes sur la rentabilité du secteur bancaire interpellent les experts.

Un coup de frein sur une activité hautement rentable

Pour Farid Bourennani, expert financier international, les effets de cette restriction sur l’activité des établissements de crédit sont sévères. L’abaissement du ratio entrave directement la capacité des banques commerciales à ouvrir des lettres de crédit (LC) et à honorer des engagements internationaux. Or, le financement du commerce international constitue « parmi les activités de la banque […] les plus rentables si ce n’est la plus rentable ».

Cette activité représente traditionnellement une composante majeure du chiffre d’affaires, du produit net bancaire (PNB) et des résultats de l’ensemble des banques opérant sur le territoire, qu’elles soient de capitaux publics, privés ou étrangers.

En limitant drastiquement ces opérations, la mesure ampute les revenus hors bilan, constitués principalement de commissions. Ces dernières se traduisant très rapidement en résultat net, la restriction vient éroder les fonds propres des institutions financières. Du point de vue strict du secteur, Farid Bourennani n’hésite pas à qualifier cette directive de « très mauvaise mesure », ajoutant même que « c’est une catastrophe » car « de fait ça abaisse la valeur de la banque ».

La protection des devises : la théorie du “glaçon”

Néanmoins, l’expert nuance son propos en adoptant une perspective macroéconomique. L’intention de l’administration, et notamment des départements chargés de la gestion des plans prévisionnels d’importation (PPI), est de limiter les sorties de devises directement à la source. L’État cherche ainsi à encadrer strictement l’impact des importations sur ses réserves souveraines.

À ce titre, Farid Bourennani concède que cette décision n’est « pas nécessairement » mauvaise pour le pays à l’échelle globale. L’Algérie a en effet un besoin impératif de se prémunir contre la fonte de son matelas de devises. L’expert utilise toutefois une métaphore prudente pour mettre en garde contre les effets pervers d’un contrôle excessif : « souvenez-vous un glaçon quand vous voulez le sauvegarder si vous le serrez très fort il fond ». Selon lui, freiner purement et simplement les importations par des mesures restrictives a ses limites.

Farid Bourennani perçoit cette division par deux du ratio d’exposition comme un choix temporaire. Il estime que c’est « quelque chose de conjoncturel pour lesquels il y aura d’autres directives qui sont prises » pour réajuster le marché.

Interview à voir intégralement dans notre chaîne Youtube :

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