Classement mondial de RSF: l’Algérie recule à la 145e place

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La liberté de la presse dans le monde traverse une période particulièrement sombre. Le constat dressé par Reporters sans frontières (RSF) dans son classement mondial 2026, rendu public ce vendredi, confirme une dégradation généralisée. L’Algérie n’échappe pas à cette tendance inquiétante : elle occupe la 145e place. Elle se situe derrière la Tunisie (137e) et loin derrière le Maroc (105e).

Un recul pour l’Algérie

Le classement 2026 concernant 180 pays dans le monde confirme une dégradation pour l’Algérie. D’ailleurs, ce recul illustre aussi combien la presse souffre d’un manque de réelle liberté. Le pays perd ainsi du terrain par rapport à 2025 (126e), et recule par rapport à 2024 (139e). Cette évolution en dents de scie illustre une situation instable, marquée par des contraintes persistantes sur le travail journalistique.

Dans la région, la hiérarchie reste contrastée. La Mauritanie se distingue comme le meilleur élève d’Afrique du Nord, occupant la 61e place, loin devant ses voisins. À l’inverse, l’Égypte reste en bas du classement (169e). Notons que la liberté de la presse reste problématique dans cette zone.

Les pays nordiques dominent toujours

À l’échelle mondiale, les pays nordiques continuent de truster les premières places. La Norvège conserve, pour la dixième année consécutive, la tête du classement. Ensuite, ce sont les Pays-Bas (2e), l’Estonie (3e), le Danemark (4e), la Suède (5e) et la Finlande (6e) qui suivent. Ce bloc de pays scandinaves et européens illustre la solidité de modèles démocratiques. Dans ces pays, l’attachement à la liberté de la presse demeure essentiel pour la société.

À noter également la bonne position de l’Irlande (7e) et de la Suisse (8e). Cela confirme la domination européenne en tête du classement sur le plan de la liberté de la presse.

Les régimes autoritaires en queue de peloton

À l’autre extrémité, la situation reste critique dans plusieurs pays. L’Arabie saoudite (176e), l’Iran (177e), la Corée du Nord (179e) et l’Érythrée (180e) ferment la marche. Ces États se caractérisent par un contrôle strict de l’information, des atteintes à la liberté de la presse, une répression systématique des journalistes et, dans certains cas, des détentions prolongées sans procès.

Une situation mondiale inédite

Pour la première fois depuis la création du classement il y a 25 ans, plus de la moitié des pays du monde sont désormais classés en situation « difficile » ou « très grave », relève RSF. De plus, le score moyen global n’a jamais été aussi bas concernant la liberté de la presse.

RSF souligne notamment la dégradation du cadre légal, devenu le principal facteur de recul en 2026. Dans de nombreux pays, les lois liées à la sécurité nationale sont détournées pour limiter la couverture de sujets sensibles et restreindre ainsi la liberté de la presse.

Les États-Unis (64e) perdent ainsi sept places. Par ailleurs, plusieurs pays d’Amérique latine s’enfoncent dans un cycle de violences et de pressions politiques contre les médias, menaçant encore plus la liberté de la presse.

Criminalisation et pressions croissantes

Le rapport met en lumière une tendance globale à la criminalisation du journalisme. Dans plus de 60 % des pays étudiés, les journalistes sont confrontés à des poursuites judiciaires, des lois restrictives ou des procédures-bâillons destinées à entraver leur travail, ce qui impacte directement la liberté de la presse.

Parallèlement, les conflits armés, les régimes autoritaires et les pressions économiques fragilisent davantage un secteur déjà en crise. Dans certaines régions, notamment au Moyen-Orient et en Europe de l’Est, la pratique journalistique menace la liberté de la presse et reste particulièrement dangereuse.

L’alerte de RSF

Dans ce contexte, la directrice éditoriale de RSF, Anne Bocandé, lance un avertissement clair :
elle appelle à mettre fin à « l’asphyxie du journalisme » et à l’« érosion continue de la liberté de la presse ».

Selon elle, les responsabilités sont désormais clairement identifiées : États autoritaires, pouvoirs politiques défaillants, acteurs économiques prédateurs et plateformes numériques incontrôlées. Elle insiste sur l’urgence de mettre en place des politiques de protection actives et des mécanismes de sanctions efficaces afin de garantir la liberté de la presse.

« La passivité devient une forme de caution », prévient-elle, appelant les démocraties et leurs citoyens à agir pour préserver ce droit fondamental : la liberté de la presse.

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