Espagne : la justice tranchera sur la demande d’extradition d’Ayoub Aïssiou formulée par Alger

L'homme d'affaires et ancien patron de la chaîne privée Djazairia One, Ayoub Aïssiou, a été arrêté à son arrivée à l'aéroport de Barcelone-El Prat avant d'être présenté à un juge et placé en détention provisoire. Visé par une demande d'extradition des autorités algériennes, son dossier est désormais entre les mains de la justice espagnole, où l'extradition relève d'une procédure stricte et non d'une simple formalité administrative. Selon le média espagnol El Imparcial, qui cite sa défense, une première décision sur la demande d'extradition devrait intervenir dans un délai maximal de quarante jours.

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Ayoub Aïssiou : la justice espagnole prendra une première décision sur la demande d'extradition algérienne dans un délai maximal de quarante jours.
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Installé en France depuis 2019 sous le statut de demandeur d’asile, M. Aïssiou aurait été averti, selon des proches cités par El Imparcial, il y a environ sept mois par les services de police français que sa sécurité ne pouvait plus être garantie sur le territoire français. Cette mise en garde l’aurait conduit à quitter la France pour rejoindre sa famille installée à Miami Platja, dans la province de Tarragone.

Le feu vert administratif donné dès le mois de juin

Si l’arrestation n’est intervenue qu’à la fin du mois de juillet, la procédure administrative espagnole avait été engagée plusieurs semaines auparavant. Le document officiel révélé par El Imparcial, certifié le 29 juin 2026 par le ministre de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les Cortes, Félix Bolaños, atteste que le Conseil des ministres a approuvé la poursuite en voie judiciaire de la demande d’extradition présentée par l’Algérie.

La chronologie officielle montre que les autorités algériennes avaient transmis leur requête diplomatique le 3 juin, en s’appuyant sur un mandat d’arrêt délivré le 9 avril 2026 par le juge d’instruction de la sixième chambre pénale économique et financière du tribunal d’Alger.

En droit espagnol, la procédure repose sur un système mixte, administratif puis judiciaire. Le gouvernement examine d’abord la recevabilité administrative de la demande et peut décider de ne pas la transmettre à la justice. En choisissant de poursuivre la procédure, il a officiellement saisi le Tribunal central d’instruction de l’Audiencia Nacional, compétent pour examiner la demande sur le fond.

Poursuites financières et bataille sur le droit d’asile

Selon la demande d’extradition, les autorités algériennes reprochent à Ayoub Aïssiou des faits présumés de complicité de faux en écriture publique, d’usage de faux et de blanchiment de capitaux en bande organisée. Elles soutiennent notamment que l’affaire porte sur l’utilisation de procurations notariales falsifiées destinées à gérer des biens immobiliers et à transférer à l’étranger les revenus qui en seraient issus.

Ces accusations sont contestées par Ayoub Aïssiou et par sa défense, qui dénoncent une procédure à caractère politique. Selon El Imparcial, ses conseils mettent en avant son statut de demandeur d’asile en France depuis 2019 et invoquent le principe international de non-refoulement, qui interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle risquerait d’être persécutée.

L’Audiencia Nacional devra désormais mener une procédure contradictoire afin de déterminer si les conditions prévues par le droit espagnol et les engagements internationaux de l’Espagne sont réunies. Les magistrats examineront notamment la double incrimination des faits, les garanties offertes à la personne réclamée ainsi que les arguments de la défense.

Une décision favorable de la juridiction n’entraînerait pas automatiquement la remise d’Ayoub Aïssiou aux autorités algériennes. Le dossier reviendrait alors devant le Conseil des ministres, qui conserverait la décision finale sur l’exécution de l’extradition. À l’inverse, un rejet mettrait un terme à la procédure, comme ce fut le cas au début de l’année 2026 lorsque l’Audiencia Nacional avait refusé la demande d’extradition visant l’ancien sénateur algérien Abdelkader Djedei.

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