FIA 2026 : l’expérience culinaire espagnole, une piste de coopération pour l’Algérie

5 min de lecture
Ramon de la Plaza (à gauche) lors de la conférence sur l’art culinaire espagnol organisée à la Foire internationale d’Alger (FIA 2026). Crédit photo : Maghreb Émergent.

La 57e édition de la Foire internationale d’Alger (FIA 2026) s’achève aujourd’hui après une semaine d’activités au Palais des expositions des Pins Maritimes. Invitée d’honneur de cette édition, l’Espagne n’a pas seulement exposé ses produits industriels. Dans son espace, plusieurs conférences ont permis de mettre en lumière les perspectives de coopération entre Alger et Madrid dans différents secteurs.

Parmi elles, une intervention de Ramon de la Plaza, technicien de l’Office économique et commercial d’Espagne, a retenu l’attention. Son exposé était consacré aux fondements de la production agroalimentaire espagnole, au climat méditerranéen partagé par les deux pays et aux opportunités de coopération dans la gastronomie.

À l’issue de cette rencontre, il a expliqué à Maghreb Émergent que l’Algérie pouvait largement bénéficier de l’expérience espagnole, notamment dans les métiers de la restauration et de la valorisation du patrimoine culinaire.

Un climat méditerranéen commun encore peu valorisé

Pour Ramon de la Plaza, l’un des principaux points communs entre les deux pays reste leur environnement naturel. « L’Algérie et l’Espagne partagent pratiquement le même climat méditerranéen. Nous avons aussi des reliefs montagneux, des défis similaires concernant l’eau et une agriculture très diversifiée. »

Selon lui, cette proximité constitue une base solide pour développer des projets communs dans plusieurs domaines. Son intervention est revenue sur les fondements de l’agriculture méditerranéenne, basée depuis des siècles sur le blé, l’olivier et la vigne, auxquels s’ajoutent aujourd’hui les cultures sous serre, l’arboriculture, l’élevage et la pêche.

L’expert espagnol a également rappelé que l’industrie agroalimentaire espagnole est devenue un secteur moderne, innovant et fortement tourné vers l’exportation, représentant 3,5 % du PIB espagnol. Pour lui, cette expérience peut inspirer l’Algérie.« La coopération entre nos deux pays est très importante. Nous partageons beaucoup de similitudes naturelles qui facilitent les échanges de savoir-faire. »

Espagne et Italie parmi les pays où l’on vit le plus longtemps

Au-delà de l’agriculture, Ramon de la Plaza a insisté sur les bienfaits du modèle méditerranéen. Il rappelle que la diète méditerranéenne, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, repose principalement sur l’huile d’olive, les légumes frais, les fruits, les céréales, le poisson et une alimentation équilibrée.

Les résultats sont visibles sur les indicateurs de santé. L’Espagne affiche aujourd’hui une espérance de vie moyenne de 84 ans, juste derrière le Japon (85 ans) et au même niveau que l’Italie, également reconnue pour son mode de vie méditerranéen.

Pour l’intervenant espagnol, cette qualité de vie est directement liée aux habitudes alimentaires, mais aussi au patrimoine gastronomique transmis de génération en génération. La gastronomie, un secteur où l’Algérie peut apprendre de l’expérience espagnole. Selon Ramon de la Plaza, la coopération entre Alger et Madrid ne doit pas se limiter à l’agriculture.

La restauration représente également un domaine à fort potentiel.

« L’Espagne possède un savoir-faire reconnu dans l’art culinaire. Une coopération entre les deux pays serait très bénéfique, notamment à travers la formation et les échanges d’expériences. »

L’Espagne figure aujourd’hui parmi les grandes références mondiales de la gastronomie. Le pays compte 290 restaurants étoilés au Guide Michelin 2024, dont 15 établissements trois étoiles. À cela s’ajoutent 789 restaurants distingués par le Guide Repsol, preuve du niveau atteint par la restauration espagnole.

Pour l’expert, cette réussite repose sur plusieurs éléments : des produits agricoles de qualité, des produits de la mer, des entreprises familiales, la transmission des traditions culinaires et une capacité permanente à innover.

Il estime que l’Algérie dispose elle aussi d’un patrimoine gastronomique riche qui pourrait être davantage valorisé grâce aux formations, aux échanges professionnels et aux partenariats entre les deux rives de la Méditerranée.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article