GNL : l’Algérie livre aux Pays-Bas sa première cargaison depuis deux ans

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L'Algérie a réalisé sa première livraison de GNL vers l'Allemagne (Photo : archives)
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Soixante-huit mille tonnes. C’est le volume de gaz naturel liquéfié algérien déchargé aux Pays-Bas en mai 2026, pour la première fois depuis mai 2024. Une livraison modeste au regard des flux néerlandais habituels, mais qui intervient au moment où les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont redistribué une partie des cartes sur le marché atlantique du GNL.

Selon les données de la plateforme Attaqa, les exportations algériennes de GNL ont atteint 1,04 million de tonnes en mai, au plus haut depuis octobre 2025. La progression par rapport à avril est de 49 %. Sur un an, la hausse ressort à 8,3 %.

Rotterdam ne fait pas ses courses à Arzew

Les Pays-Bas sont le deuxième hub de redistribution gazière en Europe après la Belgique. En mai, Amsterdam a reçu 1,4 million de tonnes de GNL au total, dont quinze cargaisons en provenance des États-Unis, ce qui en fait ce mois-là le deuxième acheteur de GNL américain sur le continent, derrière l’Égypte. Dans cet ensemble, la cargaison algérienne de 68 000 tonnes pèse moins de 5 %. Depuis 2013, le cumul des livraisons bilatérales sur ce produit n’excède pas 1,1 million de tonnes, soit ce qu’Amsterdam absorbe en un mois de la seule production américaine.

Il faut rapeller qu’Amsterdam n’est pas un client naturel d’Alger. Une ou deux cargaisons par an, pas davantage. La livraison de mai vaut donc moins par ses volumes que par ce qu’elle révèle : Sonatrach a trouvé un acheteur sur un marché où elle n’a pas de contrats longs, au moment même où la demande spot européenne s’accélère.

Le retour de l’Espagne, l’absence de surprise

Le rebond de mai est d’abord espagnol. Madrid, absente des commandes depuis novembre 2025 à l’exception d’une cargaison de 74 000 tonnes en mars, est revenue pour 200 000 tonnes en mai, contre 68 000 tonnes un an plus tôt. Le schéma général du mois est celui d’une clientèle européenne qui renforce ses achats auprès de fournisseurs atlantiques, après que les exportations qataries et émiraties transitant par Ormuz ont perdu en régularité.

La France conserve la tête du classement pour le troisième mois consécutif, à 234 000 tonnes. La Turquie suit à 203 000 tonnes, l’Italie à 192 000 tonnes. La Croatie, qui n’avait rien acheté en mai 2025, réapparaît avec 76 000 tonnes. L’Algérie cherche depuis le début de l’année à élargir sa base de clients européens, au-delà de ses débouchés traditionnels.

La contrainte productive reste entière

Sur les cinq premiers mois de 2026, le volume cumulé atteint 3,78 millions de tonnes, en retrait de 5 % sur la même période de 2025. La courbe mensuelle a été erratique : 440 000 tonnes en janvier, 940 000 en mars, 700 000 en avril avant le saut de mai. La consommation intérieure de gaz progresse de 4 % par an, réduisant mécaniquement les volumes disponibles à l’export.

Sonatrach a lancé en avril un appel d’offres sur sept blocs d’exploration ouverts aux majors internationales. Le doublement de la capacité de liquéfaction d’Arzew, conduit avec Sinopec, n’est attendu qu’à partir de 2027.

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