Hassi Bir Rekaiz : Sonatrach et PTTEP enclenchent la phase II, l’Égypte entre dans l’équation

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Dans le bassin de Berkine, 31 000 barils par jour supplémentaires se profilent à l’horizon et c’est l’Égypte qui s’invite à la table. La cérémonie organisée à Alger autour de la phase II du champ de Hassi Bir Rekaiz a vu se croiser deux accords que l’industrie pétrolière algérienne réunit rarement en une seule journée.

Le premier, un contrat EPC (ingénierie, approvisionnement et construction) attribué par l’association Sonatrach-PTTEP au consortium formé par l’égyptien Petrojet et l’algérien ARKAD. Le second, un mémorandum d’entente signé entre Sonatrach et l’Autorité générale égyptienne du pétrole (EGPC), qui ouvre la voie à des ventes de brut et de produits raffinés vers le marché égyptien. Deux signatures, un même signal : l’Algérie resserre ses liens énergétiques avec son voisin du Nil.

Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, présidait la séance. À ses côtés, le PDG de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, et le ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Ibrahim Ali Badawi.

Un actif du nord-Berkine remis sous tension

Le contrat EPC concerne la deuxième phase de développement du champ de Hassi Bir Rekaiz, situé au nord du bassin de Berkine, à cheval sur les wilayas d’Ouargla et d’El Oued. Le périmètre est l’un des plus suivis du portefeuille amont algérien. La compagnie thaïlandaise PTT Exploration and Production (PTTEP), partenaire historique de Sonatrach sur le bloc voisin de Bir Seba, opère le gisement aux côtés du groupe public.

Le projet prévoit la mise en place d’une nouvelle unité de traitement de brut d’une capacité supérieure à 31 000 barils par jour. À cette unité s’ajoutent des installations de traitement du gaz associé et des eaux de production, deux postes techniques décisifs pour la rentabilité d’un champ pétrolier en deuxième phase d’exploitation. L’objectif affiché est l’optimisation du taux de récupération.

Le périmètre de Hassi Bir Rekaiz fait l’objet d’études et de campagnes de retraitement depuis plus d’une décennie. En avril 2025, le français Viridien remportait un contrat sismique portant sur 2 400 km² de la concession, comprenant la fusion des données acquises en 2011 et 2013. La séquence se tient. D’abord la donnée subsurface remise à neuf, ensuite le hardware industriel.

Le ministre d’État a estimé que l’opération devait « consolider les capacités d’exportation de l’Algérie sur les marchés internationaux ». Sur un baril de brut algérien classique, chaque palier de récupération supplémentaire compte, dans un contexte où la part du conventionnel dans la production nationale décroît mécaniquement.

Petrojet-ARKAD, l’axe Le Caire-Alger sur un même chantier

Petrojet, filiale d’ingénierie de l’EGPC, est l’un des plus gros contractants pétroliers du monde arabe. ARKAD, opérateur algérien, complète l’attelage. Le tandem est révélateur d’un mouvement plus large, Le Caire, qui a fait de l’export de services pétroliers un axe industriel, gagne du terrain sur les chantiers algériens, terrain longtemps dominé par les italiens, japonais et coréens.

Pour Sonatrach, la combinaison résout deux contraintes en une. Le contenu local est respecté par la présence d’ARKAD. La compétence EPC sur cette catégorie de projet est sécurisée par Petrojet. Le ministre d’État a évoqué « une démarche structurante visant à approfondir les partenariats énergétiques régionaux et africains ». Lecture officielle d’un arbitrage industriel qui se lit aussi en termes de prix et de délais.

Brut algérien sur le marché égyptien

Le mémorandum d’entente signé entre Sonatrach et l’EGPC pose, par ailleurs, le cadre de futurs contrats de vente de pétrole brut et de produits pétroliers à destination du marché égyptien. L’Égypte, longtemps exportatrice nette de brut, est devenue importatrice à mesure que sa production reculait et que sa consommation domestique progressait. Le sujet n’est pas nouveau au Caire, où il alimente le débat budgétaire depuis plusieurs exercices.

Pour l’Algérie, le débouché est intéressant à un double titre. Il permet de placer du Saharan Blend hors des canaux traditionnels européens et asiatiques, et il ouvre un dialogue commercial direct avec le plus gros marché de raffinage de la rive sud de la Méditerranée. Le ministre d’État a parlé d’« intégration accrue des chaînes de valeur énergétiques entre l’Algérie et l’Égypte ». Les contrats fermes restent à négocier.

Bid Round 2026 en arrière-plan

La signature intervient, rappelons-le, dans le sillage de la campagne Algeria Bid Round 2026 porte sur sept périmètres d’exploration sahariens, avec dépôt des offres avant le 26 novembre 2026 et signature des contrats fixée au 31 janvier 2027. Six des sept périmètres seront attribués sous forme de contrats de partage de production, un sous forme de participation.

Le ministre d’État a invité les opérateurs à se positionner sur la campagne. La phase II de Hassi Bir Rekaiz fonctionne comme une vitrine pour les investisseurs étrangers qui regardent le cycle algérien. Un partenaire historique, PTTEP, qui remet de l’argent sur la table. Un consortium EPC qui combine savoir-faire régional et contenu local. Une signature commerciale parallèle qui élargit les débouchés.

« Un partenariat fondé sur la confiance »

Pour Nour Eddine Daoudi, la double signature représente « une avancée décisive » dans le développement du projet, fondée sur « la confiance, la transparence et la convergence des objectifs ». Le PDG de Sonatrach a mis en avant les retombées attendues en matière de transfert technologique et de montée en compétence des ressources humaines nationales.

Le consortium Petrojet-ARKAD devra livrer dans le respect des standards internationaux de qualité, de sécurité et de délais. Sur ce type de projet, l’écart entre l’engagement contractuel et la réalité du chantier se mesure au point de pourcentage du coût final. Le complexe GL1Z d’Arzew, en cours de réhabilitation train par train, en sait quelque chose. La maîtrise des coûts conditionne la rentabilité de l’investissement bien plus que les déclarations de signature. La date de mise en service de l’unité de 31 000 barils n’a pas été communiquée.

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