Un peu plus de trois mois après avoir lancé un appel au Premier ministre pour sauver son investissement, l’industriel Hocini Noureddine affirme avoir perdu son usine. Ce week-end, son unité de fabrication d’emballages, implantée dans la zone d’activité de Draâ El Mizan, au sud-ouest de Tizi Ouzou, a été fermée. Plus de 40 emplois directs se retrouvent désormais à l’arrêt.
En avril dernier, l’investisseur avait alerté les pouvoirs publics sur un conflit foncier qui empêchait toute régularisation de son activité. Malgré plusieurs démarches engagées auprès des différentes administrations, aucune solution n’a été trouvée. Aujourd’hui, il affirme que la fermeture de son usine est devenue une réalité.
« J’ai frappé à toutes les portes pour sauver mon usine »
Contacté par Maghreb Émergent, Hocini Noureddine revient sur plusieurs années de procédures et de démarches administratives.
« Ces terrains sont partagés depuis plusieurs années dans la zone d’activité de Draâ El Mizan. Pour ce lot que j’occupais, attribué pour un investisseur qui n’a pas lancer d’activités, alors on a fait un compromis et j’ai investi environ 20 millions de dinars pour sa viabilisation. Depuis, ce ne sont que des problèmes », explique-t-il.
L’investisseur affirme avoir sollicité toutes les institutions concernées afin d’obtenir un nouveau terrain et poursuivre son activité dans un cadre légal.
« Ces derniers temps, j’ai frappé à toutes les portes pour poursuivre mon activité jusqu’à l’attribution d’un nouveau lot et honorer mes engagements avec mes clients, mais rien de tout cela ne s’est produit », regrette-t-il. Selon lui, cette situation aurait pu être évitée si une solution avait été trouvée à temps.
« Ce week-end, j’ai trouvé mes machines en dehors de l’usine. Je ne veux même pas parler des dégâts matériels qui m’ont été causés », raconte l’entrepreneur. Avec cette fermeture, toute la production est désormais à l’arrêt. Les salariés se retrouvent sans activité, tandis que les commandes ne peuvent plus être honorées.
Au-delà des pertes financières, cette situation risque également d’avoir des conséquences sur les partenaires de l’entreprise et sur les clients qui attendaient leurs livraisons.
Un problème qui relance le débat sur les zones d’activité
Cette affaire dépasse aujourd’hui le seul cas de cette entreprise. Depuis plusieurs années, plusieurs investisseurs installés dans certaines zones d’activité de Tizi Ouzou dénoncent des difficultés liées au foncier, à l’absence de régularisation et aux litiges qui freinent leurs projets.
L’affaire de Draâ El Mizan pose une nouvelle fois la question du suivi assuré dans ces espaces économiques, notamment dans les zones éloignées de la wilaya. Comment une entreprise ayant investi plusieurs millions de dinars peut-elle se retrouver dans une telle situation sans qu’une solution durable ne soit trouvée ?
Pour de nombreux opérateurs économiques, ces blocages administratifs et fonciers constituent aujourd’hui l’un des principaux freins à l’investissement productif. Alors que les pouvoirs publics multiplient les appels en faveur de l’investissement et de la création d’emplois, cette fermeture rappelle qu’un projet industriel ne dépend pas uniquement des financements, mais aussi de la sécurité juridique du foncier. Derrière ce dossier, ce sont plus de quarante familles qui attendent désormais une issue rapide.


