Le marché parallèle des devises enregistre son premier mouvement depuis l’annonce des nouvelles mesures du Conseil des ministres concernant l’allocation touristique. La tendance va clairement dans le sens d’une appréciation de l’euro face au dinar algérien.
Sur la plupart des places de change parallèle du pays, le billet de 100 euros s’échange désormais à la vente contre 27 650 dinars. Ce montant représente une progression de 50 dinars par rapport à la cotation du mardi. À l’achat, le taux se établit à 27 350 dinars pour 100 euros.
Cette variation, bien que modeste en apparence, marque une rupture après plusieurs semaines de stabilité relative voire de baisse sur ce segment du marché.
Le durcissement de l’allocation touristique en cause
Cette reprise de l’euro s’explique directement par les changements apportés aux conditions d’octroi de l’allocation touristique, décidés le 12 juillet dernier par le Conseil des ministres. Désormais, les 750 euros accordés aux voyageurs ne seront plus versés en espèces. La détention d’une carte VISA ou de toute autre carte bancaire valable à l’international devient obligatoire pour en bénéficier.
Un cambiste opérant à Sidi Aich, dans la wilaya de Béjaïa, explique ce regain d’activité par le durcissement de ces conditions. Selon lui, de nombreux candidats au voyage, ne disposant pas de carte bancaire internationale ou peu enclins à s’en procurer une, se tournent davantage vers le marché parallèle pour obtenir des euros en cash.
Simple variation ou changement de tendance ?
Interrogé sur la portée de ce mouvement, notre interlocuteur reste prudent. Il estime qu’il est encore trop tôt pour parler d’un véritable changement de tendance. Selon lui, quelques jours supplémentaires seront nécessaires pour confirmer ou infirmer cette orientation à la hausse.
Néanmoins, il rapporte que parmi les cambistes, l’idée qui domine est que les nouvelles conditions d’octroi de l’allocation touristique constituent un facteur favorable à la poursuite de la hausse de l’euro sur le marché parallèle. La restriction de l’accès au cash en devises, combinée à l’obligation de paiement par carte bancaire, pourrait continuer à alimenter la demande informelle en euros dans les semaines à venir. Les autorités justifient ce passage au paiement par carte comme un moyen de mieux encadrer l’utilisation de l’allocation touristique et de limiter les détournements constatés ces dernières années. Reste à savoir si cette réforme, pensée pour assainir le dispositif, ne produira pas l’effet inverse en poussant davantage de candidats au voyage vers le marché parallèle.


