Maroc : Bank Al-Maghrib prévoit un ralentissement de la croissance à 3,1 % en 2027

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Bank El Maghreb (DR)

La bonne récolte céréalière de 2026 ne durera qu’un an. Bank Al-Maghrib avertit dans son rapport de politique monétaire publié le 23 juin que la croissance nationale, attendue à 5,2 % cette année grâce à une production agricole exceptionnelle estimée à 90 millions de quintaux, retombera à 3,1 % en 2027. Le repli sera brutal et mécanique.

Selon la banque centrale, la récolte de 2026 est une anomalie favorable, pas une tendance. En 2027, la production agricole reviendra à un niveau «moyen», ce qui provoquerait une contraction de 7,6 % de l’activité du secteur. La valeur ajoutée agricole, qui avait progressé de 16 % cette année, absorbera l’essentiel du choc à la baisse.

Contribuer à creuser le déficit du compte courant

Le reste de l’économie offre peu de compensation. Les activités non agricoles devraient progresser de 4,2 % en moyenne sur les deux prochaines années, un rythme insuffisant pour amortir le repli agricole. La demande intérieure restera le principal soutien de la croissance, tandis que les exportations nettes pèseront négativement sur la balance.

Le compte courant se dégradera en parallèle. La banque centrale prévoit un déficit de 4 % du PIB en 2026, contre 2,4 % en 2025, avant un léger reflux à 3,8 % en 2027. L’institution attribue ce creusement aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, estimant que «la flambée des cours du pétrole et l’augmentation des coûts des intrants de certaines industries, liées aux perturbations de l’approvisionnement provoquées par le conflit», pèseront sur les équilibres extérieurs du Royaume. Une pression que les banques centrales de la région MENA subissent de plein fouet, coincées entre inflation importée et risque de ralentissement. L’inflation suivra la même pente ascendante, passant de 1,5 % en 2026 à 2,1 % en 2027, sous l’effet du renchérissement des produits alimentaires et des prix importés.

Un point d’écart avec le FMI

La prévision de Bank Al-Maghrib pour 2027 se situe sensiblement en deçà de celle du Fonds monétaire international (FMI), qui anticipe une croissance de 4,5 % pour la même année. Le Fonds conditionne ce scénario à un retour à une production agricole normale et à la poursuite des investissements dans les infrastructures «avec une implication accrue du secteur privé».

Dans ses conclusions préliminaires de mission publiées en février 2026, le FMI anticipait déjà une croissance de 4,9 % pour 2026, portée par l’investissement public et privé et une pluviométrie favorable. L’écart de plus d’un point entre les deux institutions sur la même année de référence n’a pas fait l’objet d’explications publiques de part et d’autre.

Bank Al-Maghrib identifie deux facteurs susceptibles de modifier ses projections à la hausse comme à la baisse : les aléas climatiques sur la production agricole, et les incertitudes internationales sur les marchés de l’énergie et des matières premières.

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