Pannes d’électricité : Sonelgaz face à son réseau obsolète

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Teboune a félicité les travailleurs de sonelgaz pour leur efforts a assurer l'electricité àntout le monde

Le président Abdelmadjid Tebboune a félicité les travailleurs de Sonelgaz pour leur mobilisation visant à garantir la disponibilité de l’électricité, malgré les fortes températures qui font grimper la consommation à ses niveaux les plus élevés jamais enregistrés. Mais ce satisfecit officiel n’apporte pas de réponses concrètes aux problèmes économiques que révèlent les pannes d’électricité signalées tous les jours dans plusieurs régions du pays.

Afin d’apporter un éclairage précis à ses lecteurs et de comprendre la nature exacte de ces perturbations, la rédaction de Maghreb Émergent a sollicité la direction générale de Sonelgaz pour obtenir des explications détaillées sur la situation du réseau. À l’heure où nous publions cet article, nos demandes d’information sont restées sans suite.

Pannes subites ou « délestage masqué » ?

Ce silence institutionnel laisse le champ libre aux spéculations. Une publication relayée sur les réseaux sociaux formule un réquisitoire sévère et rejette la version officielle de la panne fortuite au profit d’un « délestage programmé » dissimulé.

L’auteur de cette publication évoque un déficit de production de 2 400 Mégawatts. Ce déficit aurait poussé Sonelgaz à recourir à la technique de la coupure programmée de l’électricité, en particulier dans les zones isolées.

Les normes internationales nécessitent une réserve de production d’une capacité de 20 % du pic de consommation, ajoute la même source, qui se présente sous le nom de profil « Mohamed Mansour ». Sa publication a été partagée dans un groupe appartenant à des travailleurs de Sonelgaz. Avec un pic de consommation de 21 000 MW enregistré jusqu’ici, l’auteur estime la réserve de production nécessaire pour éviter les délestages à 4 200 Mégawatts, qui s’ajoutent aux 2 400 Mégawatts manquants en raison des perturbations des deux centrales de Biskra et de Mostaganem, ajoute-t-il.

Il demeure difficile de vérifier la véracité de ces chiffres. Une autre source au sein de Sonelgaz, contactée par Maghreb Émergent, a refusé de s’exprimer sur ces données, ne disposant pas elle-même des dernières statistiques de production de son entreprise.

Un réseau de distribution vétuste

Mais notre source estime que le problème ne réside pas dans la production. « Je fais confiance aux annonces officielles, je suis convaincu que nous avons dépassé les besoins de consommation », dit-il. Sauf que « notre réseau de transport et de distribution est obsolète », nous confie-t-il.

Officiellement, l’Algérie dispose d’une capacité installée d’environ 27 000 MW, largement supérieure à la demande de pointe (21 378 MW). Le problème majeur n’est donc pas tant le manque d’électricité à la sortie des usines que l’incapacité du réseau de distribution (lignes et transformateurs) à supporter le transfert de cette énergie sous des températures extrêmes.

Lors des pics de canicule, la demande explose en raison de l’utilisation massive des climatiseurs. « Les câbles électriques ne sont pas conformes et les transformateurs n’ont pas été renouvelés depuis longtemps, donc ils chauffent. Au-delà d’un certain seuil thermique, les disjoncteurs de sécurité sautent automatiquement pour éviter l’explosion ou la destruction définitive des équipements », explique la même source.

Retards dans la réalisation et la modernisation des infrastructures

« Nous n’avons pas réalisé de nouvelles stations depuis plusieurs années alors que la consommation a augmenté », estime notre source, déplorant également les retards que connaissent les chantiers déjà en cours. C’est notamment le cas de la centrale de Mostaganem, qui n’est mise en service que partiellement, ou de celle de Cap Djinet, dont les calendriers de mise en service effective ont subi des glissements successifs au fil des ans.

L’annonce récente par les autorités du lancement d’un programme quinquennal de modernisation du système de contrôle-commande (SCADA) confirme de manière implicite que le réseau de distribution souffre d’un déficit d’automatisation et de vétusté, empêchant une gestion dynamique de la distribution.

Notre source préconise de recourir au délestage ciblé : « C’est une pratique courante dans tous les pays. Il faut couper l’électricité là où ça chauffe ; couper l’électricité dans toute une ville est inadmissible », conclut-il.

Pourquoi Sonelgaz ne pratique-t-elle pas le délestage ciblé ou « local », pour reprendre le terme technique ? C’est là où la vétusté du réseau s’avère être un obstacle : un transformateur principal alimente plusieurs autres sous-postes qui assurent la distribution sur toute une ville. Si ce transformateur saute, c’est toute la ville qui se retrouve sans électricité. De plus, la ligne alimente indistinctement des logements, des commerces et des équipements collectifs. Lorsque la charge devient critique sur cette ligne, l’opérateur n’a d’autre choix que d’ouvrir le disjoncteur général, coupant l’électricité à tout le quartier.

Prévenir le risque de black-out à grande échelle

Pour parer au déséquilibre soudain entre l’offre et la demande, il existe des dispositifs d’urgence (délestage par baisse de fréquence) qui permettent de déconnecter automatiquement des pans entiers du réseau. Cette mesure brutale est indispensable pour éviter un effondrement généralisé du système électrique sur l’ensemble d’un territoire.

Autre solution moderne pour gérer les surcharges sur les réseaux électriques : il apparaît nécessaire de remplacer les compteurs traditionnels par des compteurs intelligents, permettant de brider à distance la consommation d’un foyer sans lui couper totalement le courant.

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