Le marché du tabac connaît de profondes perturbations en Algérie depuis plusieurs semaines. La raréfaction de plusieurs marques dans les bureaux de tabac entraîne une flambée des prix, alors que les tarifs officiels publiés par l’État sont censés encadrer leur commercialisation.
Dans de nombreuses wilayas, les fumeurs peinent à trouver leurs marques habituelles. Cette pénurie progressive bouleverse les habitudes des consommateurs et ouvre la voie à une hausse spectaculaire des prix.
Résultat, plusieurs paquets sont désormais vendus bien au-dessus des tarifs officiellement fixés par l’État, alimentant l’incompréhension des clients et les difficultés des buralistes.
Des consommateurs dénoncent un marché devenu incontrôlable
Sur le terrain, les témoignages se multiplient. Les consommateurs dénoncent des écarts de prix qui ne cessent de grandir malgré la publication des nouveaux tarifs dans le Journal officiel.
« J’ai lu avec mes propres yeux le Journal officiel. Un paquet de Marlboro est censé être vendu à 420 dinars. Pourtant, cela fait plus d’un mois que je ne l’ai jamais acheté à ce prix, ni avant ni après la publication des nouveaux tarifs. Il y a trois jours, je l’ai payé 500 dinars et aujourd’hui il est proposé à 650 dinars. C’est vraiment incroyable alors que l’État a fixé les prix. J’ignore les raisons d’un tel écart », confie un citoyen à Maghreb Émergent.
La situation est encore plus marquée dans certaines régions de l’ouest du pays. Selon plusieurs témoignages recueillis localement, le paquet de Marlboro atteint parfois 750 dinars, soit près de 80 % de plus que le prix plafonné à 420 dinars.
À Tiaret, des consommateurs indiquent également que plusieurs marques sont devenues introuvables. Cette indisponibilité favorise une flambée des prix, certains vendeurs profitant de la rareté des produits pour appliquer leurs propres tarifs.
Les buralistes évoquent une pénurie qui touche tout le circuit de distribution
Les débitants de tabac assurent eux aussi subir cette situation. Ils expliquent que les difficultés d’approvisionnement se répercutent directement sur leurs coûts d’achat.
Un buraliste contacté résume la situation : « Le tabac se raréfie. Il y a de plus en plus de pénurie. Pour cette raison, les prix sont devenus exorbitants. Même sur le marché de gros, j’achète les paquets plus cher que le tarif fixé par l’État. Dans ces conditions, il m’est impossible de vendre à perte. »
Selon plusieurs professionnels, certaines références disparaissent pendant plusieurs jours avant de réapparaître en quantité limitée. Cette situation pousse de nombreux consommateurs à accepter des prix plus élevés pour trouver leur marque habituelle.
Les prix officiels du tabac fixés par l’État restent loin de ceux pratiqués sur le terrain
Pourtant, les tarifs ont été clairement définis dans le Journal officiel. Pour les cigarettes de British American Tobacco, le paquet de Marlboro est fixé à 410 dinars, tandis que Marlboro Beyond est plafonné à 420 dinars. Winston et L&M sont vendus à 350 dinars, Camel à 360 dinars, Gauloises à 380 dinars et LD à 270 dinars.
Du côté de Rothmans, Rothmans Blue et Rothmans Gold sont commercialisés à 300 dinars. Lucky Strike Original est fixé à 270 dinars, tandis que Lucky Strike Click et Lucky Strike Frost sont proposés à 290 dinars.
Pour les produits de la Société nationale du tabac, Rym Original est vendu à 280 dinars, Nassim Between à 240 dinars et Algeria à 200 dinars. Les cigarettes Mister Philip Morris sont affichées à 300 dinars.
Concernant le tabac à priser (chemma), le sachet Assila, Rimel et Haila de DEMAT Algérie est fixé à 210 dinars. Les sachets Chourouk sont vendus à 185 dinars, Luxe Khroub à 175 dinars, tandis que El Fouara, Chérifia Super et Makla Tassili El Horra sont également plafonnés à 175 dinars.



