Pétrole : Moeve vend ses champs algériens, jusqu’à 1 milliard d’euros estimés

Le groupe espagnol sort de l'exploration-production en vendant ses participations de Berkine à l'indonésien Pertamina. Le prix n'a pas été divulgué, mais la presse économique espagnole l'estime entre 700 et 1 000 millions d'euros.

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Une station-service Moeve à Ronda, dans le sud de l’Espagne, le 11 mars 2026. Le groupe vend ses participations pétrolières en Algérie. ©JORGE GUERRERO / AFP
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Moeve vend ses participations dans trois champs pétroliers algériens à l’indonésien Pertamina, pour un montant que la presse économique espagnole situe entre 700 et 1 000 millions d’euros. Le groupe espagnol, anciennement Cepsa, a annoncé l’accord mercredi 4 novembre sans révéler le prix ni le calendrier de la transaction.

L’accord porte sur la totalité des parts de Moeve dans les champs de Rhourde el Khrouf, Bir el Msana et Ourhoud, situés dans le bassin de Berkine et que le groupe n’opère pas. Sonatrach y est son partenaire. La vente passe par deux filiales, Cepsa Algérie et Cepsa (Rhourde El Rouni), et l’acquéreur est PAEP, la filiale qui porte depuis 2014 les activités d’exploration et de production de Pertamina en Algérie. Chaque transfert reste soumis à l’aval des autorités algériennes.

La fourchette vient d’Expansión, qui évalue l’ensemble à prix de marché à partir d’une production qu’il situe au-dessus de 20 000 barils équivalent pétrole par jour. El Cronista avance les mêmes chiffres en les attribuant à des analystes. Aucune des deux sociétés ne les confirme, puisque les termes financiers n’ont pas été rendus publics.

Pour situer l’ordre de grandeur, Pertamina avait acquis en 2013, pour 1,75 milliard de dollars, la filiale algérienne de ConocoPhillips. Celle-ci détenait 65 % de Menzel Lejmat Nord, 16,9 % d’El Merk et 3,7 % d’Ourhoud, pour une production nette d’environ 11 000 barils équivalent pétrole par jour. La comparaison a ses limites, car les actifs et le contexte de prix du brut ne sont plus les mêmes. Présente à Ourhoud depuis cette acquisition, Pertamina y renforce sa position aux côtés de Sonatrach.

Une sortie amorcée à Abou Dhabi en 2023

Cette vente ferme la série de cessions que Moeve a engagée à Abou Dhabi en 2023, puis menée en Colombie et au Pérou en 2024 et au Suriname en 2025. Le groupe, contrôlé par le fonds émirati Mubadala aux côtés de l’américain Carlyle, se présente comme la première pétrolière intégrée d’Europe à quitter totalement l’amont. Sa stratégie Positive Motion prévoit 2,4 milliards d’euros d’investissements cumulés dans l’hydrogène vert et les biocarburants de deuxième génération, avec un pôle central à Palos de la Frontera, en Andalousie.

L’annonce tombe moins de deux mois après la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats, annoncée le 10 septembre. Le communiqué de Moeve n’établit aucun lien entre les deux dossiers.

Le bassin de Berkine continue d’attirer d’autres partenaires étrangers de Sonatrach. Le thaïlandais PTTEP y a démarré la production du champ de Hassi Bir Rekaïz, et l’italien Eni y a annoncé une importante découverte.

Moeve ne quitte pas pour autant l’Algérie, où elle est présente depuis plus de trente-cinq ans. Elle dit vouloir y développer les énergies renouvelables et l’hydrogène vert. En octobre 2024, elle avait signé avec Sonatrach un protocole d’étude de faisabilité sur l’hydrogène vert, le jour même de l’accord conclu à Oran autour du SoutH2 Corridor.

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