Le groupe Stellantis a dévoilé jeudi aux États-Unis un vaste plan stratégique de 60 milliards d’euros sur cinq ans. Une feuille de route qui place la marque FIAT parmi les grandes priorités du constructeur automobile mondial.
Cette réunion organisée au siège nord-américain du groupe à Auburn Hills, dans le Michigan, marque une nouvelle étape pour l’usine Fiat de Tafraoui, à Oran. Entre extension industrielle, accélération des délais de production et ambitions d’exportation vers l’Afrique, l’Algérie apparaît désormais comme un maillon important dans la stratégie régionale du groupe.
Fiat parmi les quatre marques prioritaires de Stellantis
Le groupe Stellantis a décidé de recentrer ses investissements sur quatre marques jugées les plus rentables et les plus prometteuses à l’échelle mondiale : Jeep, Ram, Peugeot et FIAT.
Selon le plan FaSTLAne 2030 présenté par le constructeur, ces quatre marques capteront à elles seules 70 % des investissements destinés aux marques et aux produits durant les cinq prochaines années.
Pour Fiat Algérie, cette décision pourrait avoir des conséquences directes sur le développement de l’usine de Tafraoui à Oran, inaugurée fin 2023. Le groupe prévoit plus de 60 nouveaux véhicules et 50 restylages majeurs d’ici 2030, avec une offensive importante sur les véhicules hybrides et électriques.
Le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, a affirmé que « chaque marque de Stellantis jouera un rôle clair dans la réalisation des engagements FaSTLAne 2030 ».
Le groupe veut désormais concentrer davantage ses moyens sur les marchés offrant un fort potentiel de croissance. L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient figurent parmi les régions mises en avant dans ce nouveau plan stratégique.
L’extension de l’usine Fiat d’Oran pourrait accélérer
Parmi les annonces importantes du groupe, Stellantis affirme vouloir réduire fortement les délais de développement et d’installation de ses projets industriels. Le constructeur veut passer de 40 mois actuellement à seulement 24 mois pour la mise sur le marché de nouveaux projets industriels et véhicules.
Cette décision pourrait accélérer les futures extensions de l’usine Fiat de Tafraoui, dans l’ouest algérien, où Stellantis poursuit déjà l’intégration progressive de plusieurs fournisseurs locaux. Depuis le lancement de l’usine d’Oran, le groupe a signé plusieurs contrats avec des fabricants algériens de pièces de rechange afin d’augmenter le taux d’intégration locale.
Le plan stratégique prévoit aussi une localisation accrue de la production dans la région Moyen-Orient et Afrique. Stellantis vise même une utilisation complète de ses capacités industrielles dans cette région à l’horizon 2030.
L’entreprise mise également sur l’intelligence artificielle, les nouvelles plateformes technologiques et les véhicules hybrides pour améliorer sa compétitivité mondiale.
Fiat Algérie mise aussi sur l’exportation vers l’Afrique
Les ambitions du groupe ne se limitent plus au marché local algérien. Stellantis veut désormais renforcer les exportations depuis l’Algérie vers plusieurs pays africains.
Le plan stratégique prévoit d’ailleurs une croissance de 40 % du chiffre d’affaires au Moyen-Orient et en Afrique grâce à la hausse de la production locale et au développement des exportations.
Il y a quelques jours, FIAT El Djazaïr a annoncé une première opération d’exportation vers le Cameroun avec son partenaire algérien Fabcom.
Des batteries fabriquées localement à Aïn M’lila ont quitté le site de production le 20 mai 2026 à destination du marché camerounais.
Le directeur de l’export pour l’Algérie chez Stellantis, Pietro Rauseo, avait déclaré récemment que les premières cargaisons de pièces de rechange Fiat homologuées par le constructeur seront exportées « dans les prochaines semaines vers le Cameroun ».
Pour Stellantis, cette opération représente une nouvelle étape dans le développement d’une filière automobile algérienne capable de produire localement et d’exporter vers d’autres marchés africains.


