Les prix du poulet poursuivent leur envolée en Algérie. En l’espace de dix jours, les tarifs ont enregistré une augmentation remarquable sur les marchés de gros et de détail. Cette flambée s’explique principalement par les fortes chaleurs qui frappent le nord du pays depuis près de deux semaines, auxquelles s’ajoutent les incendies de forêts qui ont lourdement affecté la filière avicole.
Entre le 10 juillet et le 20 juillet, le prix du poulet vivant sur les marchés de gros est passé de 200 dinars à 280 dinars le kilogramme. Il s’agit d’une hausse de 80 dinars par kilogramme, soit une progression de 40 % en seulement dix jours. En moyenne, les prix ont augmenté d’environ 8 dinars par kilogramme chaque jour, illustrant une évolution particulièrement rapide. Cette hausse s’est immédiatement répercutée sur les marchés de détail. Aujourd’hui, le poulet vivant est vendu entre 330 et 350 dinars le kilogramme, contre environ 270 dinars il y a une dizaine de jours. Là encore, l’augmentation dépasse 22 %, une évolution qui pèse directement sur le budget des ménages.
Pourquoi cette hausse ?
Cette flambée des prix du poulet trouve son origine dans les conditions climatiques exceptionnelles observées ces derniers jours. Les vagues de chaleur caniculaires ont fortement perturbé la production avicole dans plusieurs wilayas du nord du pays.
Selon un aviculteur interrogé par Maghreb Emergent, le taux de mortalité des poussins a fortement augmenté en raison des températures extrêmes. Les élevages qui ne disposent ni de climatisation ni de systèmes de refroidissement performants sont les plus touchés. Les poulaillers aménagés sous forme de serres agricoles ont particulièrement souffert de ces conditions météorologiques, incapables de maintenir une température compatible avec l’élevage des volailles.
À cette crise climatique s’ajoute une autre difficulté majeure : les incendies de forêts. Depuis le début de l’été, la Direction générale de la Protection civile a recensé plus de 1 000 incendies à travers les wilayas du nord de l’Algérie. Plusieurs de ces sinistres ont directement frappé des exploitations agricoles et des élevages avicoles. Les images diffusées sur les réseaux sociaux témoignent de l’ampleur des dégâts. Des poulaillers entiers, contenant des milliers de poulets de chair, ont été entièrement détruits par les flammes. Ces pertes importantes réduisent davantage l’offre disponible sur le marché.
Par conséquent, l’équilibre entre l’offre et la demande s’est dégradé. La baisse de la production, combinée à une demande qui reste soutenue, exerce une pression haussière sur les prix du poulet. Tant que les températures resteront élevées et que les élevages ne retrouveront pas leur niveau de production habituel, les professionnels n’excluent pas le maintien de prix élevés au cours des prochaines semaines.


