Secret financier : l’Algérie arrive en tête en Afrique et se classe 31e au niveau mondial

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l'Algérie arrive en tête en Afrique en terme de secret financier

L’Algérie occupe la première place en Afrique en matière de contribution au secret financier, selon l’édition 2026 du Financial Secrecy Index (FSI) publiée le 23 juin par le Tax Justice Network. Cette organisation non gouvernementale est spécialisée dans la lutte contre l’évasion fiscale, l’optimisation fiscale agressive et le secret financier. À l’échelle mondiale, l’Algérie se classe au 31e rang sur les 141 juridictions évaluées.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser un classement traditionnel, cette première place africaine ne constitue pas une distinction positive. Le Financial Secrecy Index mesure la contribution des pays au secret financier mondial. Plus l’indice est élevé, plus une juridiction est considérée comme facilitant l’opacité financière, en raison de son cadre réglementaire et de son niveau de transparence.

Le classement repose sur deux composantes principales. La première est le score de secret, qui évalue les lois et réglementations de chaque juridiction. Ce score varie de 0 à 100. Plus il est élevé, plus les possibilités de secret financier sont importantes.

Pour établir cette note, le Tax Justice Network analyse vingt indicateurs. Parmi eux figurent le secret bancaire, la divulgation des bénéficiaires effectifs des sociétés, la transparence des comptes des entreprises, la transparence des contrats dans les industries extractives, les règles de lutte contre le blanchiment d’argent ainsi que la coopération internationale en matière d’échange d’informations fiscales.

La seconde composante concerne le poids du pays dans les services financiers internationaux. L’indice combine ensuite ces deux éléments afin de mesurer la contribution réelle de chaque juridiction au secret financier mondial.

L’Algérie en tête du classement africain

Avec un score de secret de 74 sur 100 et un indice FSI de 304 points, l’Algérie obtient le résultat le plus élevé parmi les 18 pays africains étudiés. Selon le rapport, le pays enregistre des performances particulièrement faibles sur plusieurs indicateurs, notamment la divulgation des bénéficiaires effectifs des sociétés à responsabilité limitée, la transparence des comptes des entreprises, la transparence des contrats des industries extractives et l’échange d’informations sur demande. Chacun de ces critères obtient la note maximale de 100, ce qui traduit, selon la méthodologie de l’ONG, un niveau élevé d’opacité.

L’Égypte occupe la deuxième place en Afrique et le 32e rang mondial. Elle est suivie du Nigeria (35e), du Kenya (45e), de l’Afrique du Sud (49e), de Maurice (54e), du Maroc (62e), de la Tanzanie (70e), des Seychelles (77e) et du Ghana (81e). À l’autre extrémité du classement africain figurent l’Angola, le Liberia, la Gambie, le Botswana et le Rwanda, qui affichent les indices FSI les plus faibles du continent.

Les États-Unis en tête du classement mondial

À l’échelle mondiale, les États-Unis occupent la première place du Financial Secrecy Index 2026. Ils sont suivis par la Suisse, Singapour, Hong Kong et l’Allemagne. Selon le Tax Justice Network, ces grandes places financières concentrent une part importante des services financiers internationaux. Leur poids économique amplifie donc leur contribution au secret financier mondial, même lorsque leurs règles de transparence évoluent.

L’Algérie, de son côté, représente seulement 0,04 % des services financiers offshore dans le monde. Toutefois, son niveau de secret financier, jugé élevé par l’ONG, explique son classement à la 31e place mondiale.

Faut-il interpréter ce classement avec prudence ?

Oui. Le Tax Justice Network est une ONG reconnue pour ses travaux sur la justice fiscale. Toutefois, sa méthodologie fait parfois l’objet de débats. Certains gouvernements et experts estiment que l’indice accorde une importance excessive à certains critères ou ne reflète pas suffisamment les réformes engagées par certains pays. Il convient donc d’interpréter ce classement comme une évaluation fondée sur une méthodologie spécifique et non comme une mesure absolue de la transparence financière de chaque État.

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