Sidérurgie bas carbone : Arkab reçoit le géant chinois Baowu

Maghreb Emergent
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Le ministre Mohamed Arkab a reçu une délégation de China Baowu Group le 11 août 2026. ©Ministère des hydrocarbures

Un complexe intégré de production de fer réduit à faible teneur en carbone et d’acier vert doit voir le jour en Algérie, projet exploré mardi 11 août 2026 entre Sonatrach, la Société nationale du fer et le sidérurgiste chinois China Baowu, l’un des premiers producteurs d’acier au monde.

Le projet s’appuierait sur l’intégration des ressources énergétiques nationales aux techniques industrielles les plus récentes, gaz naturel, énergies renouvelables et technologies de captage du carbone comprises. Il a été discuté à l’occasion d’une visite de travail du groupe chinois en Algérie, reçue par le ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, en présence du président-directeur général de Sonatrach, Nourredine Daoudi, ainsi que de cadres du ministère, du groupe pétrolier public et de représentants de la Société nationale du fer (SNS). La rencontre s’inscrit plus largement dans l’étude des possibilités de partenariats industriels et d’investissement entre les entreprises nationales et le sidérurgiste chinois.

Les deux parties ont passé en revue les perspectives de coopération dans plusieurs domaines d’intérêt commun, en particulier les solutions technologiques destinées à réduire l’empreinte carbone des industries lourdes et l’adoption de techniques modernes de captage et de réduction des émissions. Le ministre a souligné que le secteur des hydrocarbures accorde une importance particulière au développement de partenariats qualitatifs avec les grands groupes industriels mondiaux, de nature à permettre le transfert de technologie, l’implantation d’industries stratégiques et le renforcement du contenu local.

Le gaz naturel comme atout pour une filière fer et acier bas carbone

L’Algérie dispose de ressources énergétiques importantes, d’une infrastructure gazière développée et de compétences nationales dans les industries de transformation. Cette combinaison, à laquelle s’ajoutent les programmes de Sonatrach en matière de préservation de l’environnement et de captage du carbone, constitue le socle sur lequel Alger cherche à bâtir ses futurs projets industriels dans la sidérurgie, un terrain déjà exploré par le projet chinois de Gara Djebilet mené avec le groupe MCC autour des gisements de fer du Sud-Ouest algérien, et par le volet décarbonation déjà engagé par Sonatrach avec l’allemand Siemens Energy sur l’hydrogène bas carbone et l’ammoniac vert.

La rencontre a également permis d’aborder la coopération entre Sonatrach et Baowu dans l’accompagnement du projet, notamment via la sécurisation des besoins en gaz naturel, en produits pétroliers et pétrochimiques et en matières premières, ainsi que via les solutions industrielles de réduction des émissions carbonées. La délégation chinoise a présenté son expérience dans la production d’acier de haute qualité et d’acier vert, se disant prête à transférer ses expertises et ses technologies récentes à l’Algérie pour soutenir le développement d’une industrie du fer et de l’acier bas carbone et renforcer la compétitivité des produits nationaux.

Un complexe intégré porté avec la Société nationale du fer

Le montage industriel associerait donc Sonatrach, la SNS et Baowu autour d’un même site de production, sans que les modalités précises de répartition industrielle ou financière n’aient été détaillées à l’issue de la rencontre.

L’initiative arrive quelques mois après l’annonce, côté malaisien, d’un projet de 8 milliards de dollars dans la sidérurgie et les mines algériennes, et s’ajoute aux partenariats industriels déjà noués par Sonatrach avec des groupes chinois, à l’image de l’accord signé avec Sinopec pour la raffinerie d’Arzew. Le dossier reste, à ce stade, au niveau des discussions exploratoires entre les deux parties, sans qu’un calendrier de signature n’ait été communiqué à l’issue de la rencontre du 11 août 2026.

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