Crédit à la consommation : FINABI plaide pour faire passer la part des ménages de 12 % à 30 %

FINABI Conseil appelle les banques algériennes à s'appuyer sur la note de la Banque d'Algérie du 10 août pour tripler la part des ménages dans le crédit bancaire, de 12 % aujourd'hui à une cible de 30 à 35 %.

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Chabane Assad, fondateur de FINABI Conseil (DR)

Publiée le 10 août 2026, la note de la Banque d’Algérie appelant les banques et les établissements financiers à « favoriser un accès plus large des ménages aux crédits à la consommation » n’est, pour FINABI Conseil, qu’un point d’entrée. Le cabinet d’analyse financière chiffre d’emblée l’enjeu, faire passer la part des ménages dans le crédit bancaire de 12 % à une fourchette de 30 à 35 %, et estime que le texte « mérite une lecture beaucoup plus large qu’une simple relance du crédit à la consommation ».

Le point de départ tient à une proportion, celle des ménages dans l’encours de crédit bancaire, qui ne dépasse pas 12 % à fin 2024 selon les données compilées par FINABI Conseil, contre 24,8 % en Tunisie et 32,7 % au Maroc. L’écart rejoint un déséquilibre qui recensait 1,09 million de particuliers titulaires d’un crédit actif à fin 2024, pour une population de 7,97 millions de ménages recensés par l’Office national des statistiques, soit 86 % des foyers vivant hors de tout recours au financement bancaire. Le même cabinet avait déjà établi, en octobre 2025, que six entreprises algériennes sur sept restaient privées d’accès au crédit.

Le crédit aux ménages progresse pourtant depuis plusieurs années, porté aussi bien par les banques publiques que par les acteurs privés. Mais pour FINABI Conseil, cette faiblesse du taux de pénétration « traduit moins une faiblesse de la demande qu’une sous-intermédiation bancaire des ménages », une partie du besoin de financement étant déjà satisfaite hors circuit bancaire, par l’épargne préalable ou, plus souvent, par la vente à tempérament proposée directement par les commerçants. Ce financement parallèle affiche un coût nettement supérieur à celui du circuit bancaire, les taux facturés par les commerçants dépassant 50 %, loin du taux effectif global plafonné à 9,89 % pour le crédit à la consommation au second semestre 2026, contre 9,42 % au premier semestre, un différentiel que Maghreb Émergent avait déjà mis en évidence sur la base de cinq ans de taux effectifs globaux publiés par la Banque d’Algérie.

Un objectif à deux paliers pour les banques

FINABI Conseil « considère qu’un passage de 12 % vers 20-25 % constituerait déjà un premier changement structurel », et situe la zone de 30 à 35 % comme un « benchmark de maturité retail plus proche de la moyenne mondiale ». Le cabinet conditionne ce rattrapage à un chantier de fond, au scoring du risque, à la digitalisation des parcours, à un suivi resserré du taux d’effort des emprunteurs et à une politique de risque adaptée au profil des ménages aujourd’hui non bancarisés.

Un effet d’entraînement attendu sur l’industrie locale

Le second axe de la note FINABI touche à l’appareil productif, « l’impact le plus intéressant est industriel », selon le cabinet. Le crédit à la consommation étant réservé, aux termes de la note de la Banque d’Algérie, à l’achat de biens fabriqués ou assemblés localement, à l’exclusion des produits importés, chaque dinar supplémentaire injecté dans ce canal se répercute mécaniquement sur la demande adressée à l’industrie nationale, sous forme de volumes vendus, de rotation des stocks et de meilleure utilisation des capacités de production.

Côté échéances, la Banque d’Algérie avait déjà fixé aux établissements un délai courant jusqu’au 30 septembre 2026 pour mettre en œuvre les mesures de sa note du 29 juillet sur l’accès des ménages aux produits et services bancaires, calendrier qui doit désormais intégrer le développement de l’offre de crédit à la consommation. Pour FINABI Conseil, la bascule d’une partie du financement informel vers le système bancaire allégerait d’abord la facture des ménages, avant de se transformer en débouché supplémentaire pour l’industrie algérienne.

Les banques et établissements financiers ont jusqu’au 30 septembre pour se conformer aux deux notes de la Banque d’Algérie, celle du 29 juillet sur l’accès aux services bancaires et celle du 10 août sur le crédit à la consommation.

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