La crise migratoire à Ceuta commence à peser sur la demande touristique espagnole vers le Maroc, à l’approche d’une période importante pour le secteur. Des agences de voyages espagnoles signalent une nette baisse des nouvelles réservations, tandis que certains professionnels évoquent également des annulations de séjours déjà programmés, rapportent des médias espagnoles.
La situation reste toutefois difficile à mesurer. La Confédération espagnole des agences de voyages (CEAV) insiste surtout sur le recul des nouvelles demandes, plutôt que sur une vague d’annulations. De son côté, Carlos Abella, secrétaire général de la Mesa del Turismo, évoque jusqu’à 80 % d’annulations en septembre, selon La Vanguardia.
Un marché espagnol important pour le Maroc
L’évolution de la demande espagnole constitue un enjeu pour le Maroc, compte tenu du poids de ce marché dans les arrivées touristiques. Selon les données citées par La Vanguardia, plus de quatre millions de personnes venues d’Espagne ont visité le Maroc en 2024 et 4,2 millions jusqu’en novembre 2025. Ces chiffres incluent toutefois les voyageurs résidant en Espagne et ne correspondent donc pas nécessairement au nombre de touristes espagnols au sens strict.
La baisse actuelle intervient alors que les agences espagnoles anticipaient une hausse des demandes pour les prochains mois. RTVE rapporte notamment qu’une agence de Cordoue, qui enregistrait habituellement une vingtaine de réservations pour le Maroc à cette période, n’en avait encore enregistré aucune jusqu’au début du mois de septembre.
Les voyageurs se tournent vers d’autres destinations
Face aux incertitudes liées à la situation à Ceuta, certains voyageurs espagnols reportent leur décision ou envisagent d’autres destinations. Des professionnels cités par RTVE mentionnent notamment l’Égypte ainsi que des villes d’Europe centrale comme Prague ou Budapest parmi les alternatives envisagées.
Expreso élargit pour sa part l’analyse aux conséquences potentielles pour le tourisme marocain et à la possibilité que le ralentissement de la demande ne concerne pas uniquement le marché espagnol. À ce stade, toutefois, les éléments disponibles établissent surtout un recul des réservations depuis l’Espagne.
Un impact encore limité chez les groupes hôteliers
Les premiers signaux ne se traduisent pas encore par un recul généralisé de l’activité des groupes hôteliers espagnols implantés au Maroc. Barceló indique ainsi que ses réservations dans ses établissements marocains restent dans leur niveau habituel pour la période. Riu affirme également ne constater aucun effet direct de la crise de Ceuta sur l’occupation de ses hôtels.
Cette situation s’explique notamment par la diversité des clientèles accueillies par ces groupes, qui ne dépendent pas uniquement des voyageurs espagnols. Les touristes français, britanniques, allemands, italiens et d’autres marchés représentent également une part de leur activité.
Le même constat vaut pour les compagnies aériennes. Ryanair et Vueling ont développé ces dernières années leurs liaisons entre l’Espagne et plusieurs villes marocaines, mais aucune modification structurelle de leurs plans n’est pour l’instant signalée dans les éléments rapportés par les médias espagnols.
La durée de la crise sera déterminante
Le principal enjeu pour le Maroc sera donc de savoir si le ralentissement observé en Espagne reste ponctuel ou s’installe dans la durée. Pour l’instant, les données disponibles montrent surtout une baisse des nouvelles réservations, alors que l’ampleur réelle des annulations demeure discutée selon les professionnels interrogés et cités par les médias espagnoles.


