Le 23 juillet 2025, les compteurs de Sonelgaz ont enregistré 20 628 mégawatts en une seule pointe, contre 19 543 mégawatts à la même période en 2024. Mille mégawatts de plus en un an.
Invitée mercredi de l’émission L’invité du jour sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, Fatima-Zohra Merzougui, directrice de la communication du groupe public, a chiffré les projections pour l’été 2026 : une hausse de 3,5 % en cas de températures saisonnières, jusqu’à 7 % si la chaleur atteint les niveaux de 2023 et 2024. Cette marge dépend d’un seul facteur que le groupe ne maîtrise pas : la météo.
Hors périodes caniculaires, la demande nationale se stabilise autour de 10 000 mégawatts. L’été, elle peut doubler. Mme Merzougui attribue cet écart à la climatisation, devenue le premier poste de consommation des ménages algériens. «La consommation des ménages augmente de près de 40 % durant cette période, une hausse qui correspond essentiellement à l’usage de la climatisation», a-t-elle indiqué. Les pointes se concentrent sur deux plages : 13h-16h et 20h-22h.
Des habitudes qui ont changé en vingt ans
Le profil de la demande n’a pas toujours eu cette forme. «Avant 2009, les pics de consommation étaient enregistrés en hiver et en soirée à cause du chauffage électrique. Entre 2009 et 2014, nous sommes passés à une pointe estivale en soirée. Depuis 2014, nous observons une pointe estivale de jour liée principalement à la climatisation», a retracé Mme Merzougui. Le développement du réseau de gaz naturel y est pour beaucoup : raccordés au gaz, les ménages ont progressivement abandonné le chauffage électrique, libérant des capacités en hiver tout en alourdissant la facture estivale.
La hausse de la demande dépasse le seul usage domestique. Sonelgaz cite l’industrie, l’agriculture et les infrastructures hydrauliques parmi les secteurs qui tirent la consommation vers le haut, sans donner de clé de répartition entre ces usages et les ménages.
Classe A ou B
Pour amortir le pic attendu, Sonelgaz s’appuie sur une campagne de sensibilisation lancée le 18 juin sous l’égide du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables. Mme Merzougui a voulu lever une ambiguïté sur le mot «rationalisation» : «Cela ne signifie pas une diminution du confort ou de la qualité de vie des Algériens. Il s’agit de consommer de façon réfléchie et responsable.» Le groupe oriente ses clients vers des climatiseurs de classe A ou B, moins gourmands que les modèles d’entrée de gamme, et insiste sur la nécessité d’une installation par des professionnels.
La campagne court toute l’année. Le groupe table sur une capacité de production portée à près de 27 000 mégawatts pour absorber une demande qui, lors des journées les plus chaudes, pourrait dépasser les 22 000 mégawatts.


