Al Baraka Algérie a injecté 220 milliards de dinars dans l’économie depuis le 1er janvier, dont plus de 90 % au profit des entreprises. Le chiffre, dévoilé jeudi soir au Marriott de Bab Ezzouar à l’occasion du 35e anniversaire de la banque, place la filiale du groupe bahreïni Al Baraka Banking Group sur les pas des leaders privés du secteur.
Devant un parterre de cadres et de partenaires institutionnels, le directeur général Abdelmouneim Othmani Marabout a affiché la cible. « Nous serons, d’ici deux ans, la première banque privée du pays. » L’établissement revendique 13 % de parts de marché face au privé, 400 000 clients et 35 agences sur 23 wilayas. Objectif : 50 agences en 2028.
Le pari du financement aux entreprises
Le détail des chiffres a été livré à la presse par Karim Saïd, responsable de la banque de détail. Sur les 220 milliards distribués jusqu’à mai, 198 milliards ont irrigué les entreprises et l’investissement, le solde a financé les ménages, principalement en crédits immobiliers charia-compatibles. L’orientation colle aux consignes des pouvoirs publics, qui veulent flécher les ressources des fenêtres islamiques vers l’appareil productif et les exportations hors hydrocarbures.
La concurrence se durcit. Gulf Bank Algérie pousse désormais 20 % de ses engagements via sa fenêtre islamique. Les banques publiques avancent aussi : le CPA lance en juin une gamme islamique pour gros projets sur quinze ans, et la BNA prépare une banque 100 % islamique avec la BID. Sur ce front, Othmani Marabout pose la digitalisation en impératif. « Les défis liés à la numérisation et à l’intelligence artificielle représentent une question de vie ou de mort pour l’institution bancaire. »
Une plateforme numérique attendue
Salem Kacemi, directeur monétique et digital, a levé le voile sur le chantier. Lecture biométrique de la carte d’identité (NFC, OCR), authentification par selfie, mise à jour KYC à distance, paiement des factures Sonelgaz, ADE et échéances AADL, transferts de compte à compte, QR code. La plateforme, dont la date de lancement n’a pas été communiquée, vise à dispenser le client du passage en agence pour l’essentiel des opérations courantes.
Pour rappel, la finance islamique en Algérie comptait 868 513 comptes et 609,5 milliards de dinars de financements à fin juin 2025, en croissance de 25 à 30 % par an. Les banques privées y captent l’essentiel des dépôts, 708 milliards contre 222 milliards pour le secteur public. Al Baraka entend conserver cette avance pendant que les fenêtres islamiques d’État montent en puissance.
Le DG a clos la soirée par un hommage au cheikh Saleh Abdullah Kamel, fondateur du groupe disparu en 2020. Trente-cinq ans après l’agrément de mai 1991, sa filiale algérienne joue désormais sa place dans un marché qui pèse 6 % du système bancaire.


