La Libye suspend les activités de la raffinerie de Zaouïa après de violents affrontements

Mecipsa Amokrane
3 min de lecture

La Libye fait face à une nouvelle perturbation majeure de son industrie pétrolière après l’arrêt total des activités de la raffinerie de Zaouïa, l’une des infrastructures énergétiques les plus stratégiques du pays. Située à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Tripoli, l’installation a suspendu ses opérations à la suite d’affrontements armés survenus à proximité immédiate du complexe.

La société exploitante, Azzawiya Oil Refining Company, a indiqué avoir activé des mesures d’urgence dans la soirée du 8 mai après des échanges de tirs et des bombardements dans la zone. Selon l’entreprise, plusieurs obus de gros calibre sont tombés à l’intérieur du site, touchant notamment certaines zones opérationnelles.

Face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire, les responsables de la raffinerie ont décidé de suspendre entièrement les activités du complexe et d’évacuer les pétroliers présents dans le port attenant. Un état d’urgence a également été instauré afin de sécuriser les installations, les employés et l’environnement.

De son côté, la compagnie pétrolière nationale National Oil Corporation (NOC) a confirmé que plusieurs projectiles avaient atteint différentes parties du complexe sans provoquer, pour l’instant, de dommages structurels majeurs. L’entreprise a néanmoins averti que l’extension des combats vers les quartiers résidentiels voisins augmentait considérablement les risques pesant sur les infrastructures pétrolières et sur la population locale.

La raffinerie de Raffinerie de Zaouïa constitue actuellement la plus importante unité de raffinage pleinement opérationnelle du pays. Sa capacité de traitement est estimée à environ 120 000 barils par jour.

Selon plusieurs médias locaux et régionaux, les affrontements seraient liés à une opération sécuritaire menée par « des forces armées et des unités de sécurité dans la ville de Zaouïa contre des groupes criminels impliqués dans des trafics d’armes, de carburant et de drogue, ainsi que dans des réseaux de migration clandestine ».

Le secteur pétrolier libyen est régulièrement affecté par les tensions politiques et les rivalités entre groupes armés depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Les blocages de sites, les conflits locaux et les luttes d’influence continuent de perturber la production et les exportations de brut, dans un pays où les hydrocarbures représentent la principale source de revenus publics.

Pour les marchés régionaux, cette situation pourrait accentuer les inquiétudes autour de la stabilité de l’offre énergétique libyenne, alors que plusieurs pays méditerranéens demeurent dépendants des exportations de pétrole du pays nord-africain.

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