Alors que les franchissements irréguliers des frontières extérieures de l’UE ont globalement poursuivi leur repli de janvier à août 2026, avec une baisse de 35% et près de 75 000 passages détectés, le corridor ouest-méditerranéen fait exception. Les autorités européennes y ont enregistré environ 15 900 détections, soit une progression de 34% sur un an. Ce chiffre n’inclut toutefois pas les mouvements de grande ampleur survenus fin juillet à Ceuta.
Frontex attribue cette dynamique à un effet de report des réseaux de passeurs. Le renforcement des mesures de prévention et des contrôles au Maroc, ainsi que sur les routes de l’Afrique de l’Ouest et de la Méditerranée centrale — cette dernière enregistrant une chute de 55%, avec environ 19 400 arrivées —, aurait poussé davantage de candidats au départ vers les côtes algériennes, principalement en direction des îles Baléares et du littoral de l’Espagne continentale. La pression sur cette route a atteint un pic en juillet, avec un record mensuel sur trois ans, avant de fléchir en août.
2 253 morts ou disparus depuis janvier 2026
À l’échelle européenne, la tendance générale reste orientée à la baisse. Les routes de Méditerranée orientale et centrale demeurent les plus fréquentées et représentent ensemble près de 60% de l’ensemble des entrées détectées. Frontex et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) soulignent toutefois que le recul global des flux ne fait pas disparaître le lourd coût humain des traversées. Selon les données de la matrice de suivi des déplacements de l’OIM (DTM), ce sont 2 253 personnes qui ont perdu la vie ou ont été portées disparues en tentant de rejoindre l’Europe depuis le début de l’année 2026, dont 434 sur la seule route de la Méditerranée occidentale et 995 sur la Méditerranée centrale. Tout comme les données de Frontex sur les flux migratoires, ces bilans globaux de l’OIM n’intègrent pas la vague exceptionnelle de Ceuta. Concernant cet épisode précis de fin juillet, les autorités maintiennent des bilans partiels ou divergents, tandis que des organisations non gouvernementales, à l’instar de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), portent le décompte tragique des morts et des disparus à 141 victimes, réclamant toute la lumière sur les circonstances des bousculades et des retours.



