Pétrole : le Brent à 111 dollars, les Émirats claquent la porte de l’OPEP

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L’annonce du retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP est tombée ce mardi alors que le baril affichait déjà 111 dollars.

À 15h35, le Brent s’affichait à 111,31 dollars sur l’ICE, en hausse de 3,08 dollars en séance. Le WTI suivait à 99,41 dollars, +3,15 %. Deux catalyseurs se sont conjugués pour propulser les cours : l’absence persistante de tout signal diplomatique entre Washington et Téhéran, et une décision qui a secoué l’ensemble du marché en milieu de journée.

Abou Dhabi hors quota

Les Émirats arabes unis ont annoncé ce mardi leur retrait de l’OPEP et de l’OPEP+ à compter du 1er mai, après 59 ans d’adhésion. Abou Dhabi justifie la décision par sa «vision stratégique à long terme» et sa volonté d’adapter sa production aux besoins réels du marché, sans être contraint par des quotas collectifs. Le ministre de l’Énergie des EAU, Suhail Al Mazrouei, parle d’une «évolution guidée par la politique», alignée sur les fondamentaux de marché à long terme.

Le retrait surprise constitue un coup dur pour l’Arabie saoudite, chef de file du cartel, à un moment où la guerre en Iran a déjà provoqué un choc énergétique historique. Les EAU, septième producteur mondial, représentent environ 4 % de la production pétrolière globale. Leur capacité de production atteint 4,85 millions de barils par jour, mais dans le cadre de l’OPEP+, ils produisaient près de 30 % en dessous de ce niveau. Libres de toute contrainte, Abou Dhabi entend désormais monter en régime.

L’impasse irano-américaine

Sur le front diplomatique, le silence persiste. Aucune réunion n’est planifiée entre Washington et Téhéran, aucun canal de communication confirmé actif. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, était lundi à Moscou pour des entretiens avec Sergueï Lavrov, axés officiellement sur la «coordination régionale», formule suffisamment vague pour couvrir ce que les deux parties ne souhaitent pas nommer.

Pour les marchés, l’équation reste brutalement simple. Tant que le détroit d’Hormuz demeure sous tension et que le pétrole iranien reste sous embargo effectif, l’offre mondiale accuse un déficit structurel de plusieurs millions de barils par jour. La loi de finances algérienne 2026 avait été calibrée sur 70 dollars le baril.

Hors du groupe, les EAU auront «à la fois la motivation et la capacité d’augmenter leur production», ce qui «laisse présager un marché pétrolier potentiellement plus volatil à mesure que la capacité de l’OPEP à lisser les déséquilibres de l’offre diminue», analyse Jorge Leon, cité par Reuters. L’OPEP se réunit ce mercredi à Vienne, dans une configuration inédite.

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