Les prix du poulet poursuivent leur repli sur le marché algérien. Après jours de l’Aïd El Kebir, les tarifs du poulet vivant demeurent à des niveaux particulièrement bas. Une situation qui apporte un soulagement aux consommateurs après plusieurs années marquées par une forte volatilité des prix des viandes blanches.
Selon les professionnels de la filière, le prix du poulet vivant s’affiche actuellement entre 250 et 270 dinars le kilogramme au niveau des poulaillers, soit une baisse de 10 dinars par rapport à la veille de l’Aïd. Dans le commerce de détail, les prix oscillent entre 290 et 310 dinars le kilogramme selon les régions et les points de vente.
Il s’agit des niveaux les plus faibles observés depuis au moins trois mois. Cette baisse profite directement aux ménages, confrontés depuis plusieurs années à une hausse du coût de la vie et des dépenses alimentaires.
Plusieurs facteurs expliquent cette baisse
Plusieurs facteurs expliquent cette tendance baissière. D’abord, pendant la période de l’Aïd El Kebir modifie les habitudes de consommation. Les familles algériennes orientent traditionnellement leurs achats vers la viande rouge, notamment la viande ovine. Cette évolution entraîne une baisse de la demande sur le poulet.
Par conséquent, les éleveurs et les distributeurs sont contraints de modifier leurs prix afin d’écouler leurs stocks. La diminution de la demande exerce ainsi une pression à la baisse sur les cours du poulet vivant.
Par ailleurs, le calendrier scolaire joue également un rôle important. Depuis la mi-mai, les établissements scolaires ont fermé leurs portes en raison du départ anticipé des élèves en vacances. Cette situation a entraîné l’arrêt des activités de toutes cantines scolaires, qui constituent habituellement un débouché important pour les producteurs de viande blanche.
En outre, une partie du secteur de la restauration n’a pas encore retrouvé son rythme habituel après les congés de l’Aïd. Dans plusieurs villes du pays, de nombreux restaurants fonctionnent encore au ralenti ou n’ont repris que progressivement leur activité. Cette situation contribue également à réduire la demande globale sur le marché.
L’ensemble de ces facteurs crée un déséquilibre entre l’offre et la demande. L’offre reste abondante alors que la consommation ralentit. Dans ce contexte, les prix continuent d’évoluer à des niveaux modérés.
Cette situation contraste avec les années précédentes. En effet, le marché du poulet a fait preuve d’une relative stabilité depuis le début de l’année 2026. Même durant le mois de Ramadhan, période traditionnellement marquée par une hausse de la consommation alimentaire, les prix n’ont pas connu de flambée importante.
Certes, une légère augmentation avait été enregistrée durant certaines semaines du mois sacré. Toutefois, cette hausse est restée nettement inférieure à celles observées lors des précédents Ramadhans. Les consommateurs ont ainsi pu acheter du poulet à des tarifs plus accessibles.
Pour l’heure, rien n’indique un retournement rapide de la tendance. Tant que la demande restera limitée et que l’offre demeurera suffisante, les prix du poulet devraient continuer à évoluer à des niveaux relativement bas, au grand bénéfice des consommateurs algériens.


