La production de l’Opep rebondit de 3,3 millions de barils par jour en juin

Les sept producteurs qui pilotent les quotas de l'alliance se réunissent ce dimanche 5 juillet, avec une cinquième hausse mensuelle en vue pour août. L'Iran, exonéré de plafond depuis l'entrée en vigueur des sanctions américaines, pourrait retrouver un rôle actif dans l'organisation. Si le mémorandum de Versailles tient jusque-là.

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L'Opep+ a décidé, dimanche, de maintenir sa production inchangée pour le mois d'octobre.

Les pétroliers ont recommencé à charger dans le Golfe. En juin, la production des onze membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole a progressé de 3,3 millions de barils par jour pour atteindre 19,43 millions de barils quotidiens, selon le sondage mensuel de Reuters publié vendredi 3 juillet. Un rebond spectaculaire sur le papier. Il mesure d’abord la profondeur du trou creusé depuis le 28 février, date des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran et du blocage du détroit d’Ormuz, qui avait mis à l’arrêt une grande partie des chargements du Golfe.

Le Koweït et l’Iran signent les plus fortes hausses du mois. Pour Téhéran, le déblocage tient à une décision de Washington, qui a levé le blocus naval imposé aux navires desservant les ports pétroliers iraniens. La République islamique produisait encore autour de 3,2 millions de barils par jour en mai, loin de ses capacités. Les analystes estiment qu’un volume additionnel de 800 000 à un million de barils quotidiens pourrait revenir sur le marché d’ici la fin du troisième trimestre, à condition que l’accord de Versailles entre Téhéran et Washington tienne ses promesses de levée progressive des sanctions.

L’Arabie saoudite et l’Irak ont eux aussi rouvert leurs vannes. Le Nigeria et la Libye ont augmenté leurs cadences sans rien attendre de personne, leurs cargaisons n’ayant jamais dépendu du passage d’Ormuz.

Un cartel amputé

Les chiffres de juin ne comptent plus les Émirats arabes unis, qui ont acté leur retrait du cartel le 1er mai, après cinquante-neuf ans d’adhésion et un long contentieux sur les quotas. Abou Dhabi, troisième producteur de l’organisation jusqu’à son départ, exporte désormais librement via son oléoduc Habshan-Fujairah, qui contourne le détroit. La comparaison avec les niveaux d’avant-guerre s’en trouve faussée d’autant.

Même corrigée de cette absence, la reprise reste partielle. La production demeure très en deçà des quotas officiels, et sous les niveaux touchés au plus fort de la pandémie de 2020. L’enquête Reuters, qui s’appuie sur les données de LSEG et de Kpler ainsi que sur des sources au sein des compagnies pétrolières et de l’Opep, décrit un appareil productif en convalescence, pas un retour à la normale.

Le marché, lui, a pris les devants. Le Brent, qui frôlait 120 dollars début mars, est retombé sous les 80 dollars après l’annonce du mémorandum irano-américain. Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy et ancien responsable de l’Opep, prévenait dès la mi-juin que le marché pourrait «basculer très rapidement de la peur de la pénurie vers la crainte d’un excédent» une fois le détroit rouvert. Les volumes de juin donnent corps à cet avertissement.

L’Algérie hors de la zone de turbulence

Pour Alger, le sondage confirme une position singulière. Les barils algériens, chargés à Arzew et Bethioua, n’ont jamais transité par Ormuz et ont continué de partir pendant toute la crise. Membre du groupe des sept producteurs qui pilotent encore les ajustements volontaires de l’alliance élargie, l’Algérie avait souscrit en mai au relèvement des quotas de 188 000 barils par jour pour juin, la première décision prise sans les Émirats. Ses recettes restent toutefois davantage exposées au reflux des prix qu’au niveau des volumes. Le dégonflement de la prime de guerre pèse déjà sur le Sahara Blend.

La prochaine réunion ministérielle de l’organisation se tient ce samedi 4 juillet à Vienne. L’Iran, exonéré de quotas depuis l’entrée en vigueur des sanctions américaines, pourrait y retrouver un rôle actif. Si le mémorandum de Versailles tient jusque-là.

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