Le détroit d’Ormuz, allié providentiel de l’économie algérienne

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Les pétroliers et méthaniers qui ne coopèrent pas avec les autorités iraniennes sont souvent menacés par des missiles et des drones.
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La fermeture du détroit d’Ormuz à la navigation depuis mars 2026 a permis à l’Algérie de stopper l’érosion accélérée de ses réserves de change et de réduire son colossal déficit budgétaire. 

Les situations ne sont pas comparables sur le plan comptable, mais on ne peut pas ne pas penser au sursis que l’invasion du Koweït en août 1990 par Saddam, puis la guerre qui s’en est suivie, ont brièvement accordé à l’économie algérienne en crise d’endettement extérieur. La flambée éphémère des prix du brut en 1990 n’a pas suffi à épargner à l’Algérie le défaut de paiement et le rééchelonnement de sa dette en 1994, assortis d’un plan d’ajustement.

Scénario du pire aujourd’hui, toujours  peu probable, heureusement, sur le moyen terme, à l’horizon d’un septennat. La recommandation pour l’éviter reste la même. Elle est encore reprise dans le rapport du FMI de cette semaine. Profiter de cette séquence du pétrole et du gaz chers pour faire, au plus vite,  de la diversification de l’économie le nouveau moteur de la croissance en lieu et place d’insoutenables dépenses publiques.  

Cela ne se fait, bien sûr, pas. D’où la résilience de l’économie  algérienne est devenue, ces dernières années, une simple résonance aiguë des chocs extérieurs. L’invasion de l’Ukraine en 2022, l’attaque contre l’Iran en 2026. La première avait fait bondir les exportations hors hydrocarbures à 7 milliards de dollars, la seconde relance la fiscalité pétrolière. 

L’Algérie coche les cases du nouveau deal

A la différence de l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990, la fermeture du détroit d’Ormuz suite à l’attaque de Trump et de Netanyahu sur l’Iran est plus qu’un gain tactique de quelques mois pour l’économie algérienne. Elle aura un impact favorable sur l’environnement géo-économique de l’Algérie. 

Dans la durée. Le mouvement européen de sortie du carbone s’est accéléré. Les approvisionnements du Proche-Orient n’offrent plus les garanties de sécurité robustes requises par l’industrie énergétique. L’Algérie coche toutes les cases du futur partenaire premium pour les pays d’Europe du Sud et pour l’Allemagne. Dans la filière de l’hydrogène vert, comme dans celle de l’électricité solaire. Les acteurs, les routes, les clients, tout s’aligne pour enfanter un nouvel âge énergétique dans lequel l’ancien fournisseur de molécules de carbone se mue en fournisseur propre et performant.  

L’exportation  du gaz de schiste demeure-t-elle plus problématique. Complexité des montages capitalistiques, faible marge de rentabilité, résistance des populations locales face aux risques écologiques, notamment hydrauliques. Elle reste cependant à l’ordre du jour.

Ormuz étrangle  la vague fasciste

L’autre incidence favorable de la fermeture du détroit d’Ormuz est bien sûr qu’elle a provoqué, ce mardi avec les élections de mi-mandat,  une débâcle politique du Trumpisme, matrice politique  de la fascisation idéologique du monde. Pourquoi favorable pour l’Algérie ? Parce que, contrairement à ce que pouvait laisser penser une diplomatie algérienne inexplicablement bienveillante envers le président américain, Trump coûte cher à l’Algérie. 

D’abord, au même titre que les autres pays, en lui faisant subir le démantèlement des institutions multilatérales et des engagements internationaux, affaiblissant notamment  les luttes planétaires contre la pauvreté, les maladies et le réchauffement climatique. Conséquences ruineuses pour tous. Et en lui appliquant unilatéralement des barrières tarifaires iniques à l’entrée. 

Ensuite, en s’alignant outrageusement derrière la Monarchie marocaine sur le dossier du Sahara occidental, poussant de fait à l’escalade et, incidemment, l’Algérie à maintenir un niveau de dépenses militaires anormalement élevé pour un pays au revenu intermédiaire par habitant moyen. Même conséquence avec le cas de la Palestine et du soutien à Israël. La défaite de Trump cette semaine peut enfin épargner à l’Algérie un scénario hyper conflictuel, extrêmement coûteux sur le plan économique. Une rupture avec la France en cas d’arrivée de l’extrême droite à l’Élysée au printemps prochain. 

L’Algérie gagnerait à mieux identifier ses intérêts. La complaisance envers les fascistes n’en sert à personne. Si l’on exclut l’effet paradoxal d’Ormuz produit par Trump et Netanyahu, il convient surtout de tirer les leçons du passé.

La dynamique de reflux des extrêmes droites a peut-être commencé avec la victoire miraculeuse de Lula au Brésil. Le reflux du trumpisme, sanctionné brutalement par les électeurs américains, donne une réelle chance à la gauche insoumise en France de barrer la route aux Lepénistes. Et l’Algérie, peut-être, peut relancer une coopération fructueuse avec son partenaire historique au sein de l’Union européenne.

Pas à la bonne allure

Le détroit d’Ormuz, ainsi fermé, est un allié providentiel de l’économie algérienne. Il ne doit pas le rester longtemps. Personne ne peut se délecter de la perpétuation d’un conflit armé. Celui-ci a coûté des milliers de vies en Iran. Il ne faut jamais le perdre de vue. La perte du contrôle du Congrès devrait freiner l’élan guerrier de Trump.

L’Algérie gagnerait à mieux identifier ses intérêts. La complaisance envers les fascistes n’en sert à personne. Si l’on exclut l’effet paradoxal d’Ormuz produit par Trump et Netanyahu, il convient surtout de tirer les leçons du passé. Une conjoncture financière favorable ne dure jamais longtemps. La diversification de l’économie n’avance toujours pas a l’allure requise par le taux de croissance démographique et la baisse tendancielle des revenus énergétiques. Le sursis sera de courte durée .

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