Mostaganem : sa pêche pèse 7 300 tonnes, mais son littoral reste sans port

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Port de pêche de Mostaganem. La wilaya dispose de trois ports aménagés, tandis que sa façade est, notamment à Bahara et Sidi Laadjal, reste dépourvue d’infrastructures portuaires dédiées à la pêche artisanale. (DR)

Le programme «Appui au développement intégré local» (ADIL), cofinancé par l’Union européenne et le Royaume des Pays-Bas, a lancé un appel d’offres restreint national pour actualiser une étude technico-économique portant sur deux sites de pêche artisanale de la wilaya de Mostaganem, Bahara (commune d’Ouled Boughalem) et Sidi Laadjal (commune de Khadra). Ce marché vise à documenter le potentiel économique de deux points de débarquement qui, à la différence des ports aménagés, ne disposent d’aucune infrastructure portuaire.

Bahara et Sidi Laadjal relèvent en effet du statut de site d’échouage, une catégorie administrative du littoral algérien où les barques accostent sur des zones côtières non équipées, sous un simple régime d’autorisation délivré par le ministère de la Pêche. Ce vide infrastructurel contraste avec le poids économique de la filière locale.

La production halieutique de la wilaya de Mostaganem, toutes espèces confondues, s’élevait à 6 327,5 tonnes en 2021 et dépassait déjà 7 300 tonnes sur les onze premiers mois de 2023, en hausse de 10 % par rapport à l’année 2022 entière, selon la direction locale de la Pêche et de l’Aquaculture. Sur le seul segment des chalutiers, la wilaya se classait en 2022 au deuxième rang national avec 2 551 tonnes, juste derrière Aïn Témouchent, portée par une flottille de 271 unités et 865 plaisanciers recensés fin 2021, d’après l’Office national des statistiques, dans un secteur où la modernisation de la flotte figure désormais parmi les priorités affichées par le gouvernement.

Trois ports pour toute la wilaya, aucun sur la façade est

Cette activité repose pourtant sur trois ports aménagés seulement, ceux de Mostaganem, de Salamandre et de Sidi Lakhdar, tous concentrés dans la partie centrale et occidentale de la wilaya. Sur la façade est, où se trouvent Bahara et Sidi Laadjal, aucun port ne vient structurer une pêche que la wilaya présente elle-même comme un gisement de développement économique et social, alors même que l’État avance, à l’échelle nationale, sur la structuration du marché de la pêche. C’est cet écart entre le volume de production et l’absence d’aménagement que l’étude commandée par ADIL doit venir chiffrer, alors que les investissements portuaires engagés ces dernières années par l’État ont surtout profité aux infrastructures déjà existantes.

L’étude technico-économique commandée aux bureaux d’études candidats ne porte pas sur la construction d’un port, mais sur l’actualisation et l’adaptation d’un diagnostic déjà réalisé, dont les données doivent être recalées sur les conditions actuelles des deux sites. Ce type d’exercice conditionne généralement l’accès à un financement ultérieur : il chiffre les besoins en aménagement, évalue la viabilité économique d’une intervention au regard des volumes traités et des emplois soutenus, et fournit aux autorités locales l’argumentaire technique nécessaire pour inscrire le projet dans une programmation budgétaire.

La procédure retenue se déroule en deux étapes. Les bureaux d’études intéressés soumettent d’abord une lettre d’intention accompagnée de leurs pièces justificatives, documents légaux, capacité financière, références et CV des experts clés. Les cinq candidats les mieux classés seront ensuite invités à remettre une offre technique et financière complète.

Un programme de décentralisation doté de 21,8 millions d’euros

Cette logique s’inscrit dans l’architecture du programme ADIL. Lancé le 29 septembre 2025 à Alger sous l’égide du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, doté d’un budget de 21,8 millions d’euros dont 20 millions financés par l’Union européenne et 1,8 million par les Pays-Bas, le programme cible douze communes pilotes réparties entre Biskra, Tébessa, Tiaret et Mostaganem.

Mis en œuvre par VNG International, l’association des municipalités néerlandaises, il vise à renforcer la capacité des communes algériennes à porter elles-mêmes des projets de développement territorial, plutôt qu’à dépendre des arbitrages du niveau central. L’étude sur Bahara et Sidi Laadjal en constitue une déclinaison sectorielle, appliquée à un segment de l’économie locale où le diagnostic manquait pour transformer un constat en dossier d’investissement.

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