La saisie du cargo iranien Touska par la marine américaine a relancé les marchés pétroliers. Le Brent ouvre à 95,34 dollars à Londres, en hausse de 5,49 %, à deux jours de l’expiration du cessez-le-feu américano-iranien.
Vers 1 h 30 du matin, heure de Paris, le baril de Brent avait atteint 96,49 dollars, en hausse de 6,76 %, et le WTI 90,28 dollars, en progression de 7,67 %. Six heures plus tard, à l’ouverture de la session européenne sur l’ICE de Londres -marché le plus liquide pour le Brent- ces niveaux s’étaient corrigés à 95,34 dollars (+5,49 %) pour le Brent et 87,56 dollars (+6,02 %) pour le WTI. L’écart entre les deux relevés traduit la réévaluation opérée par les opérateurs européens à volumes significatifs, et non une simple digestion des nouvelles nocturnes.
Saisie du Touska, Hormuz de nouveau fermé
Le déclencheur immédiat est la prise de contrôle, dans le golfe d’Oman, du cargo iranien Touska par la marine américaine. Donald Trump a indiqué que le navire avait tenté de franchir le blocus en quittant le détroit d’Ormuz, et que les forces américaines avaient ouvert le feu avant d’en prendre le contrôle. Téhéran a qualifié l’opération de « piraterie armée » et promis de riposter.
Samedi, l’Iran avait déjà refermé le passage maritime, estimant que le blocus américain des navires liés à Téhéran violait les termes du cessez-le-feu. Dimanche, aucune traversée du détroit n’a été enregistrée selon les données compilées par Bloomberg, et au moins treize pétroliers ont rebroussé chemin vers les eaux du Golfe.
Le gaz naturel européen a également réagi, avec une hausse atteignant 11 % en séance. Le TTF avait reculé à 38 euros/MWh vendredi après l’annonce d’une réouverture partielle du détroit, un repli aussitôt annulé par le regain de tensions du week-end. Avant le déclenchement du conflit fin février, le détroit assurait le transit d’environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié.
Islamabad en ligne de mire, Téhéran dément
Sur le plan diplomatique, une délégation américaine conduite par le vice-président JD Vance, l’envoyé spécial Steve Witkoff et Jared Kushner devait quitter Washington lundi soir en direction d’Islamabad pour des discussions prévues mardi. Côté iranien, un membre de l’équipe de négociation a démenti, via la télévision d’État, toute participation à cette réunion. La veille, Trump avait évoqué une « opportunité d’accord » tandis que Téhéran affirmait l’absence d’« horizon clair ».
« Entre 105 et 115 dollars » si le statu quo se prolonge
Harris Khurshid, directeur des investissements chez Karobar Capital à Chicago, estime que « le marché intègre une prime de risque à l’approche de l’échéance, sans pour autant la valoriser pleinement ». En l’absence d’accord, une remontée progressive vers 105 à 115 dollars par baril reste probable, « avec une forte volatilité liée aux flux d’informations », poursuit-il.
Une telle trajectoire prolongerait la fenêtre de recettes exceptionnelles pour Sonatrach, dont les revenus pétroliers avaient bondi de 455 millions de dollars en mars selon Petrologistics, portés par un Sahara Blend à 104 dollars en moyenne sur le mois — contre 60 dollars, le prix de référence retenu par la loi de finances 2026.


