D’ici 2035, l’Algérie doit sortir du tout-gaz, prévient l’AIE

Le système électrique algérien, historiquement dominé par les hydrocarbures, doit se réinventer, selon le rapport de l'AIE consacré aux perspectives énergétique de la region MENA, dici 2035.

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Le système électrique algérien reste fortement dépendant du gaz naturel (DR)

Pour les experts de l’agence internationale de l’énergie, l’Algérie doit éviter une impasse à la fois financière et écologique face à une consommation intérieure qui explose.

Le rapport a été publié en 2025. Il note la pression exercée par le secteur des bâtiments, et tout particulièrement le refroidissement des espaces (la climatisation), sur les réseaux de l’electricité. À cela s’ajoutent de nouveaux segments stratégiques très énergivores.

Pour faire face au stress hydrique, l’Algérie prévoit la construction de sept nouvelles stations de dessalement d’eau entre 2025 et 2030. Parallèlement, pour amorcer la transition de son secteur des transports, le pays s’est fixé pour objectif d’installer 30 000 bornes de recharge domestiques pour véhicules électriques d’ici 2030. L’accumulation de ces usages propulsera inévitablement la demande électrique nationale vers de nouveaux sommets.

Le coût financier du “tout gaz”

Cette faim d’électricité a un coût financier majeur pour l’État. Aujourd’hui, l’Algérie génère la quasi-totalité de son électricité à partir de gaz naturel : le gaz brûlé localement pour faire tourner les centrales électriques est autant de gaz qui ne peut être vendu sur les marchés internationaux. Le rapport prévient que si la transition vers les énergies propres prend du retard, la consommation intérieure de gaz de l’Algérie s’envolera. En conséquence, cela amputerait considérablement les revenus d’exportation gazière du pays d’ici 2035. Cette situation est d’autant plus difficile à soutenir que l’Algérie maintient des subventions massives aux énergies fossiles qui pèsent très lourdement sur les finances publiques.

Sur le plan environnemental, la dépendance au gaz naturel fige les émissions de CO2 du secteur électrique. L’Algérie présente par ailleurs une vulnérabilité structurelle inquiétante : contrairement à la majorité des pays du monde, le pays consomme toujours plus d’énergie pour produire la même unité de richesse économique, rendant la maîtrise de la demande urgente.

Des perspectives ambitieuses

Pour sortir du “tout-gaz”, l’Algérie possède un atout incontestable. Le pays dispose du plus grand potentiel solaire photovoltaïque de toute la région MENA, estimé à un niveau record de 14 446 TWh par an, devançant largement l’Arabie Saoudite ou la Libye.

Pour capitaliser sur ce gisement, l’État a formulé des perspectives très ambitieuses dans son Programme de Développement des Énergies Renouvelables, estiment les experts de l’AIE. le rapport indique que “L’Algérie vise à atteindre 27 % de sa production électrique à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030″ et prévoit de “déployer une capacité installée d’environ 22 GW”.

Mais au-delà de la production d’électricité, la transition carbone implique l’accès aux matières premières. L’Algérie possède déjà des capacités minières et cherche actuellement à “relancer ses plans de développement pour l’extraction de phosphates et d’autres minéraux rares”, des éléments essentiels pour la fabrication des technologies propres et des batteries à l’échelle mondiale, souligne la même source.

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